Analyse
Restructurations : une opportunité ? il y a 5 ans - jeudi 9 février 2012

Faut-il miser sur une entreprise pour le succès de sa restructuration ?

Parfois au prix d’un lourd coût social, les restructurations font partie de la vie des entreprises, qui doivent constamment s’adapter à un environnement en perpétuelle évolution. Mais ces derniers temps, comme l’a encore illustré le cas Bekaert la semaine passée, la crise a pris de court nombre d’entreprises, souvent contraintes de mener un plan de restructuration dans l’urgence, face à la baisse subite de leurs revenus.

S’il n’est pas facile d’en quantifier précisément l’impact direct, certaines restructurations ont permis aux entreprises de revenir sur les chemins de la rentabilité et de la croissance. C’est le cas de Rio Tinto, qui en 2008 a frôlé la faillite sous le poids de ses dettes. La vente d’actifs, aidée par la reprise des cours de minerais, lui permet aujourd’hui d’afficher des résultats record. En 2010, Valeo avait aussi mené avec succès un plan de restructuration. Mais ces exemples heureux ne doivent pas faire oublier les risques liés à ces opérations (démotivation des salariés, cessions d’activités essentielles pour la continuité de l’entreprise, coûts de restructuration qui amputent la marge…). Car le remède peut être pire que le mal.

Dans le cas de Philips, qui ne compte plus ses restructurations, les marges continuent de baisser alors que les coûts opérationnels (main-d’œuvre) ont été fortement réduits. A terme, les charges de restructuration à répétition menacent même la survie du groupe. Si une restructuration s’avère nécessaire pour permettre de négocier une phase difficile, elle n’exonère pas d’une stratégie cohérente de croissance. Le groupe Eastman Kodak, spécialiste de la photo, a également été victime des pièges des restructurations pour avoir cru que réduire ses coûts suffirait à relancer l’intérêt des actionnaires. Pour avoir oublié la nécessité d’une stratégie claire de long terme, Kodak est maintenant en réorganisation judicaire.

Face à ces risques, nous ne misons pas sur une entreprise pour le succès de sa restructuration. Au préalable, il est important d’en vérifier la cohérence, de même que les objectifs et le savoir-faire de la direction. Car en cas d’échec du programme, la liquidation n’est plus très loin et peut coûter cher à l’actionnaire…

 

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