Analyse
Sale temps pour les fusions des Bourses il y a 5 ans - mercredi 1 février 2012

Comme prévu, la Commission européenne a opposé son veto à la fusion entre le NYSE Euronext et la Deutsche Börse en raison de craintes sur la concentration du marché européen des produits dérivés. Un nouveau revers donc pour les opérateurs de marché, après l'échec du rapprochement entre les Bourses de Singapour et d'Australie et entre les Bourses de Toronto et de Londres.

Toutes ces tentatives avortées ont pour point commun les frilosités nationales liées à la peur de céder une partie du contrôle sur ces opérateurs jugés stratégiques pour le développement des économies. Concrètement, les autorités de contrôle et le monde politique ne sont pas convaincus de la nécessité de permettre la création de géants de taille mondiale et les opérations de rapprochement se font donc plutôt au niveau national, comme au Japon, en Asie et en Amérique du Sud.

 

Dans les économies matures, l'heure est plutôt à l'attentisme parmi les opérateurs de marché :

 

  • Le Nasdaq OMX dit vouloir utiliser ses liquidités pour des rachats d'actions et examine l'opportunité d'un (premier) dividende. La croissance, toujours selon la direction, se fera essentiellement par croissance interne ou par de petites acquisitions.
  • Nous ne voyons pas le NYSE Euronext repartir rapidement à l'assaut d'un autre opérateur après l'échec de sa fusion avec la Deutsche Börse. Un échec qui replace le solide et très rentable espagnol BME sur l'écran des opérateurs de marché désireux de se renforcer. Un rachat par la Deutsche Börse aurait du reste du sens au regard de la complémentarité des activités.
  • Plus anecdotique, la bataille qui oppose actuellement le NYSE Euronext au Nasdaq OMX a comme enjeu la place de cotation de Facebook, probablement l'introduction la plus médiatisée depuis celle de Google en août 2004. Si l'impact sur les résultats de l'un ou de l'autre sera négligeable, il sera par contre plus réel en termes d'image et donc d'attractivité.

 

Nos conseils

 

  • Nasdaq OMX : à 25 USD, l'action ne souffre pas de décote justifiant un achat, même si la possible annonce d'un dividende dans les prochains mois est de nature à porter le cours. A noter également que les résultats du 4e trimestre, publiés ce 1er février, sont de bonne qualité et conformes à nos attentes.
  • BME (21 EUR) est une proie potentielle. Même si nous ne spéculons pas sur une telle opération à court terme, les rumeurs entourant l'opérateur n'en ont pas moins soutenu le cours ces derniers mois. Avec un rendement de dividende brut de 7,5 % et un profil peu risqué, l'action est intéressante pour l'investisseur à la recherche d'actions au dividende généreux.
  • Deutsche Börse et Nyse Euronext sont correctement évaluées. N'achetez pas.

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