Analyse
Bourses : prendre le train en marche ? il y a 5 ans - mercredi 14 mars 2012

Un vent frais souffle sur les Bourses, mais ce bel élan ne saurait cacher les zones d’ombre.

Un vent frais souffle sur les Bourses, avec un Bel 20 en hausse de 7,5 % depuis le 1er janvier 2012. Les raisons sont bien cernées. D’une part, les milliards injectés par la BCE dans le système bancaire ont permis aux marchés de retrouver un peu de sérénité. D’autre part, l’économie mondiale passera à côté d’une récession dure en 2012, contrairement à ce que les plus pessimistes envisageaient il y a six mois.

 

Ce bel élan ne saurait cacher les zones d’ombre qui fragilisent le rebond des Bourses. Les bénéfices des entreprises américaines pour le quatrième trimestre 2011 n’ont plus gagné que 6,7 % par rapport à 2010. 64 % d’entre-elles ont fait mieux que les attentes, soit moins que la moyenne historique de 70 %. Les prochains trimestres pourraient décevoir si les matières premières poursuivent leur hausse, sans que les entreprises puissent la répercuter sur les prix de vente pour cause de demande faible. Un effet ciseau pèsera sur les marges, dont le niveau, qui plus est historiquement élevé, plaide de toute façon pour un retour vers la moyenne. Alors que le scénario d’une croissance faible des marges est intégré par les marchés, un recul ne semble pas l’être.

 

Faut-il se précipiter en Bourse, de peur de rater la poursuite de la hausse ? Il est très risqué de prendre le train en marche, d’autant que les évaluations boursières ne sont pas à ce point intéressantes que pour acheter indistinctement. Profitez de la hausse pour vendre vos actions devenues chères. Ces dernières semaines, nous avons vendu Aviva, Solvay, Bekaert, Roularta ou encore IBA, trop chères compte tenu de leurs perspectives. Tournez-vous vers des actions en rapport avec le risque que vous êtes prêts à assumer. Sur un marché américain encore bon marché, nous suivons à présent Procter & Gamble. L’action, sous-évaluée, est peu risquée et offre des perspectives de croissance supérieures à celles de l’économie américaine. Le rendement brut de son dividende se monte à 3,4 %, contre ±2 % pour le marché américain.

 

Nous n’apportons pas de changement à notre portefeuille de base neutre à 10 ans. Les actions américaines 
et les sicav d’actions américaines y conservent une place de choix (20 %). Nous restons par contre globalement à l’écart du marché européen, plus risqué et un peu moins rémunérateur.

 

Partagez cet article