Analyse
Le secteur aérien dans la tourmente il y a 5 ans - jeudi 22 mars 2012

La hausse des prix du pétrole pèse de plus en plus sur les résultats financiers des compagnies aériennes. Déjà confronté à plusieurs défis, le secteur risque de s’enfoncer un peu plus dans la crise.

La hausse du pétrole

Southwest Airlines, pourtant rarement déficitaire, a lancé un avertissement sur ses résultats pour le 1er trimestre et prévoit désormais des pertes. En cause ? Le prix du kérosène, qui ne cesse de grimper depuis 2008. Une hausse difficile à répercuter sur les clients. Représentant environ 30 % des coûts, la facture pétrolière est aujourd’hui un sérieux handicap pour la rentabilité des compagnies aériennes.

Charlerloi-Bergamo A/R 44 EUR

Autre défi : la menace de la concurrence low-cost. Les compagnies à bas prix sont devenues un acteur à part entière du transport aérien commercial. Elles présentent des business models pertinents et surtout économiquement viables. Même si les opérateurs historiques offrent désormais leur propre service low-cost, ils ont du mal à remettre en cause leur mode de gestion souvent trop onéreux. Le passager, lui, a fait son choix.

Taxe sur le CO2

Depuis début 2012, une directive européenne taxe les émissions polluantes des avions dans l’espace européen. Bien que contestée par les Etats-Unis, la Chine, la Russie et l’Inde, cette « taxe carbone » reste soutenue par l’Europe. Même si les compagnies ne devront payer la facture qu’à partir d’avril 2013, c’est bel et bien une charge de plus, alors que la plupart ont déjà le couteau sur la gorge.

Notre conseil

Le contexte actuel n’est donc guère favorable au secteur aérien. Toujours sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, American Airlines témoigne des difficultés du secteur à rebondir. Les compagnies les plus vulnérables à une détérioration de la conjoncture sont celles qui souffrent d’un fort endettement et/ou de coûts de main-d’œuvre élevés. Air France-KLM (4,48 EUR au moment de l’analyse, vendez) apparaît ainsi de plus en plus affaibli et une levée de fonds pour détendre sa situation financière n’est pas exclue. Les deux compagnies en sélection, Lufthansa et Republic Airways ont quant à elles des atouts pour résister. Elles sont correctement évaluées. Vous pouvez les conserver.

 

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