Analyse
Intérim : des actions de trading par excellence il y a 5 ans - mercredi 4 avril 2012

Faut-il acheter aujourd’hui des actions du secteur de l’intérim, en anticipant le rebond bénéficiaire attendu en 2013 ?

Hypersensible à la conjoncture

Lorsque l’économie commence à ralentir, c’est le personnel intérimaire qui, le premier, se voit remercié. Cela n’est pas sans impact sur les sociétés d’intérim. En 2009, alors que l’activité économique reculait de 4 % en Europe et de 3 % aux USA, les gros acteurs du secteur, comme Adecco (47,30 CHF), Randstad (28,29 EUR, conservez) Manpower ou USG People, ont enregistré des chutes de chiffre d’affaires de 20 à 30 % (hors acquisitions) ! Et la baisse de leurs bénéfices a été en moyenne au moins deux fois plus violente. Outre les surcapacités apparues au sein des agences, la relative fragilité des bilans a pesé. Les bilans recèlent en effet peu d’actifs tangibles et le goodwill accumulé au gré des acquisitions (21,50 CHF par action pour Adecco, 14,60 EUR pour Randstad) peut donner lieu à d’importantes réductions de valeur (impairment) en cas de mauvaises performances.

 

Croissance structurelle à l’arrêt

Pour justifier d’une stratégie buy and hold, beaucoup parient, depuis des années sur une pénétration accrue du travail intérimaire. Ils se basent pour cela sur le besoin croissant de flexibili-té des entreprises et l’évolution législative. Ainsi, une directive européenne, adoptée en 2008, impose aux Etats membres de supprimer les restrictions injustifiées au travail intérimaire et doit encore être appliquée à certains secteurs dans certains pays. Mais aujourd’hui, les taux de pénétration, en forte hausse dans les années 90, plafonnent à des niveaux toujours inférieurs aux sommets de 1999 (2 à 2,5 % en moyenne de la masse salariale). En cause, le déclin structurel des emplois intérimaires de bureau (secrétaire, employé administratif) dans les marchés développés (évolution technologique, délocalisation du back-office, baisse de la demande du secteur financier,…).

 

Quelques mois en portefeuille

Les valeurs de l’intérim sont des actions de trading, à détenir quelques trimestres. Les perspectives actuelles ne suscitant pas l’optimisme, nous tablons sur un recul généralisé des bénéfices (récurrents). Et l’ampleur du rebond espéré pour 2013 est difficile à évaluer, vu les probables mesures d’austérité européennes. Sur base de prévisions prudentes, le secteur ne nous paraît pas trop cher. Notre préférence va à Randstad, mais il est trop tôt pour prendre un pari.

 

Partagez cet article