Analyse
La Banque nationale de Belgique réduit son dividende il y a 5 ans - mercredi 11 avril 2012

Pour la première fois depuis plus d'un demi-siècle, la Banque nationale de Belgique réduit son dividende.

Que se passe-t-il ? L'action est-elle encore intéressante ?

Le titre a une petite teinte spéculative due à des affaires judiciaires en cours mais offre un bon rendement sur dividende (4,3 % net).
CONSERVEZ.

 

Bénéfice en hausse…
En ces temps difficiles pour les banques, la Banque nationale de Belgique (BNB) parvient à faire grimper son profit 2011 de 8,1 %. C'est grâce à une hausse des intérêts perçus, due à la possession d'obligations des Etats faibles de la zone euro (achetées en masse suite à la crise) et aux crédits d'urgence à Dexia. De plus, au contraire des institutions privées, la BNB ne doit pas réduire la valeur de ses obligations grecques.

 

…mais dividende en baisse
Pourtant, pour la 1ère fois depuis 1961, le dividende recule (de 124,59 EUR net en 2011 à 106,32 EUR net en 2012). C'est la conséquence du changement de politique de dividende. Jusqu'en 2009, le dividende suivait l'indice santé et grimpait peu à peu, au rythme de l'inflation. A présent, il dépend des revenus des placements statutaires, surtout composé d'obligations d'Etat et de participations dans des institutions financières spécialisées, comme Swift (organisation internationale d'échanges bancaires) ou la Banque des Règlements Internationaux (BRI). Le dividende fluctue donc plus qu'avant et une plus grosse part du bénéfice remonte dans les caisses de l'Etat. Le dividende BNB payé en 2011 ayant profité d'un dividende extraordinaire de la BRI, il avait gagné 31,3 % par rapport à un an plus tôt. Mais celui payé en 2012 reperd donc logiquement 14,7 %. La cause du recul n'est donc pas réellement inquiétante.

 

Et les procédures judiciaires ?
Les actions en justice en faveur des actionnaires privés (50 % aux mains de l'Etat) n'ont eu jusqu'ici que peu de résultat. Une d'entre elles, réclamant ±10 000 EUR par action, est encore en cours. Mais cela peut durer avant que la Cour de cassation se prononce.

 

Bien que le revenu du portefeuille puisse encore pénaliser le dividende (obligations réinvesties à des taux plus bas), l'activité de la banque reste résistante à la récession.

Partagez cet article