Analyse
Le bal des résultats trimestriels est ouvert il y a 5 ans - mardi 17 avril 2012

Le géant américain de l’aluminium Alcoa a donné le coup d’envoi de la saison des résultats trimestriels.

Souvent présentés comme un des baromètres de l’économie américaine, ses bons résultats pourraient inciter à l’optimisme. Pour autant, les analystes n’ont pas changé leurs prévisions et tablent toujours (pour les entreprises de l’indice phare S&P 500) sur une baisse des profits au premier trimestre.

 

Une baisse certes limitée, mais qui marque la fin d’une hausse ininterrompue des bénéfices depuis la sortie de crise en 2009. Début d’inversement de tendance ou effet purement conjoncturel ? Difficile à dire. Ce qui est certain, c’est que les entreprises dégagent actuellement des marges bénéficiaires historiquement élevées. La perspective de niveaux de marges encore plus élevés ne semble pas réaliste : la capacité des entreprises à encore comprimer leurs coûts est désormais très restreinte et toute nouvelle hausse du coût des matières premières sera très délicate à répercuter sur les clients. En outre, le ralentissement de l’économie chinoise et le risque d’entrée en récession de plusieurs pays européens vont également peser sur le développement des marges. Dès lors, nous prévoyons pour 2012 une croissance bénéficiaire limitée. En tablant pour les entreprises américaines sur une hausse de 6 % de leurs profits (hors financières et hors éléments exceptionnels), notre estimation est inférieure aux taux de croissance des trois années précédentes. Dans ce contexte, la hausse spectaculaire des Bourses au premier trimestre (12 % pour le S&P 500, 8 % pour le Dow Jones) témoignait sans doute d’une vague d’optimisme prématuré. Le regain de volatilité des dernières semaines reflète d’ailleurs la montée des inquiétudes sur la pérennité de la croissance.

 

La forte progression des actions en début d’année nous a amenés à revoir nos conseils sur plusieurs valeurs. Le français Capgemini est ainsi passé à vendre après la reprise de son cours. Et les britanniques WPP et Pearson ne sont plus à l’achat, mais bien à conserver. Au cours des prochaines semaines, plusieurs dizaines de sociétés vont nous dire combien elles ont gagné ou perdu d’argent pendant les trois premiers mois de l’année. Au-delà des chiffres publiés, nous serons aussi et surtout attentifs aux discours sur toute modification des objectifs à moyen et long terme. Nous vous invitons à vous laisser guider par nos conseils tout au long de cette période parfois mouvementée.

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