Analyse
Nationalisation des entreprises pétrolières il y a 5 ans - mercredi 9 mai 2012

Le retour d’un mouvement ?

Moins d’un mois après la décision de l’Argentine de reprendre le contrôle de la société YPF, filiale de l‘espagnol Repsol, la Bolivie annonce à son tour la nationalisation immédiate du distributeur d’électricité TDE, filiale d’une autre entreprise espagnole, Red Electrica.

 

Faut-il craindre que ce mouvement d’expropriations s’étende à d’autres pays ? Nous ne le pensons pas. Si on ne peut nier l’existence de pressions nationalistes, en particulier dans les pays riches en matières premières (pétrole, gaz, minerais, etc), elles restent exceptionnelles et un mouvement général de nationalisation n’est pas attendu. Dans d’autres pays d’Amérique du Sud comme le Brésil ou le Chili, l’appel à l’investissement étranger est au contraire très fort. Le risque d’expropriation est donc limité. Mais l’Argentine et la Bolivie, elles, traversent tous deux une période difficile (inflation, chômage, fronde sociale…). Ces nationalisations doivent plutôt être perçues comme des offrandes au pays. Parallèlement, elles font office de sanction envers les entreprises étrangères, accusées de ne pas avoir suffisamment investi. Il est vrai que les capitaux nécessaires à l’exploitation du pétrole ou du gaz sont élevés. Dans le cas d’YPF, un autre opérateur « étranger » prendra prochainement la place de Repsol selon nous. Ni la société ni le gouvernement n’ont en effet les fonds et/ou les compétences pour développer les importantes réserves de gaz de YPF, les troisièmes plus importantes au monde.

 

Pour l’investisseur, inutile de prendre ses jambes à son coup, au risque de se voir fermer de nombreuses portes. Investir dans les matières premières suppose une dose de risque, mais nous tentons de réduire au maximum ces menaces dans notre sélection. Ainsi, nous n’achetons pas d’actions individuelles en Russie (gaz) ou en Afrique du Sud (or), le risque de se voir confisqué des avoirs y étant trop élevé. A côté des nationalisations (peu prévisibles), il existe d’autres dangers, comme l’augmentation des taxes ou la prise de participation. Nous en avons tenu compte dans notre niveau de risque.


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