Analyse
Bois Sauvage réduit encore son capital il y a 5 ans - mercredi 27 juin 2012

Le délit d’initié présumé des dirigeants pourrait coûter au holding plus de 30 millions d’euros. Le verdict doit encore tomber, mais les preuves paraissent solides.

   La décote avoisine la moyenne historique
   Ce n’est pas suffisant pour acheter.


Changement de stratégie

La débâcle de Fortis en 2008 a privé le holding d’une partie de ses revenus de dividendes et l’a forcé à revoir sa stratégie, basée sur l’effet de levier procuré par l’endettement. Après une série de cessions majeures, son endettement se limite aujourd’hui à 50 millions d’euros (31,70 euros par action), contre plus de 300 millions en 2008. Le groupe a également décidé de redistribuer une partie de ses liquidités aux actionnaires. Début mai, ceux-ci ont donc perçu un dividende de 5,25 EUR net et le 25 juillet prochain, ils recevront encore 25 EUR par action via une réduction de capital, la deuxième en deux ans. Mais avec des flux à destination des actionnaires bien supérieurs aux dividendes encaissés, nous nous posons des questions sur les ambitions de développement à long terme. L’actionnaire familial, qui détient actuellement 42 % des parts, voudrait-il, à terme, mettre la main sur le holding à bon prix ?

Le poids de Fortis

Il y a un mois, la Chambre du conseil a renvoyé les principaux responsables de Bois Sauvage et le holding en correctionnelle pour délit d’initié et faux en écriture dans le cadre de l’affaire Fortis. Bois Sauvage risque une amende de plus de 30 millions d’euros (plus de 19 euros par action). Même en tenant compte de cette amende, nous évaluons encore la valeur intrinsèque à 277 EUR par action. Autour de 32 %, la décote avoisine la moyenne historique (35 %). Ce n’est pas suffisant pour acheter. Certes, les deux principales participations résistent très bien à la crise – le banquier privé allemand Berenberg Bank a profité des clients déçus des grandes banques et le chocolatier Neuhaus, en développement continu, reste l’actif le plus séduisant du holding –, mais les grosses participations cotées (Umicore, Recticel et Cofinimmo) sont correctement évaluées. Enfin, le portefeuille n’est que faiblement diversifié : les cinq plus grosses participations pèsent pour 82 % du portefeuille.

 

Cours au moment de l’analyse : 188,00 EUR


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