Analyse
IPO : les leçons de Facebook il y a 5 ans - mercredi 27 juin 2012

Le flop de l’entrée en Bourse de Facebook n’est pas un cas isolé et souligne que l’investisseur ne doit pas foncer tête baissée dans une telle opération.

En cas d’IPO séduisante, l’investisseur peut être grugé par trois éléments : le manque de transparence, l’exagération médiatique et le choix du moment. Montrez-vous prudent, tentez de recueillir le plus d’informations possibles, consultez-nous et envisagez de laisser retomber l’euphorie générale, avant de vous décider.

Asymétrie d’information

L’introduction en Bourse d’une société (IPO) est une partie qui se joue à trois : le futur nouvel actionnaire, les actionnaires qui détiennent déjà des parts (non cotées) de la société et les banques chargées de l’opération. Mais la partie est inégale : les actionnaires existants et les banques organisatrices ont des intérêts qui peuvent aller à l’encontre de ceux du nouvel actionnaire. Et les banques ont un regard précis sur l’entreprise, sa stratégie, les motivations de l’IPO, l’évolution du chiffre d’affaires et de la rentabilité (des données importantes pour déterminer l’exacte valorisation de la société et le prix à fixer pour l’IPO), alors que les nouveaux actionnaires n’ont pas accès à ce type d’information, qui leur permettrait pourtant de prendre les bonnes décisions. Heureusement, avec le temps, l’asymétrie se réduit. Une fois en Bourse, l’entreprise doit communiquer de manière plus régulée.

Effet médiatique

Même si une entreprise (comme Facebook) bénéficie d’un grand succès médiatique, cela ne signifie pas pour autant qu’elle soit un bon investissement. Même si ses perspectives sont bonnes, si le cours de l’action en incorpore une grande partie, le rendement de l’investissement sera médiocre. L’effet médiatique a joué pour diverses IPO récentes. Mais si celles d’Apple et de Google furent une réussite, ce ne fut pas le cas pour le réseau social chinois RenRen
(-67 % depuis son IPO), Groupon (-47 %) et Pandora Media (-26 %). L’emballement entourant ces valeurs peu avant leur IPO semble avoir occulté leurs faiblesses.

Moment choisi

Il n’est pas rare que la motivation de l’IPO d’une société soit de permettre à ses fondateurs et à ceux qui y ont déjà investi de récupérer leurs billes avec une jolie plus-value. Dans ce cas, ils choisissent leur moment. Les actionnaires existants ayant tout intérêt à ce que le cours d’introduction soit aussi élevé que possible, ils choisiront pour l’IPO un moment auquel la société se trouve sous le feu des projecteurs et auquel la valorisation des Bourses est élevée ! Les investisseurs qui se laissent alors séduire par cet engouement et les bonnes performances des dernières années, achètent à un bien mauvais moment et risquent d’y laisser des plumes.

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