Analyse
JP Morgan : bonne à jeter ? il y a 5 ans - mardi 5 juin 2012

La perte de trading découverte voici quelques semaines par la banque américaine semble plus importante que prévu et place JP Morgan au centre des critiques.

La banque reste certes solide dans un environnement difficile mais mieux vaut rester à l'écart.
Malgré sa chute de 25 % depuis son plus haut de l’année, l’action n’est pas particulièrement bon marché (1,1 x les
fonds propres contre 1,5 avant la crise) au vu de prévisions bénéficiaires réduites. De plus, la banque n’est pas à l'abri de la crise financière en Europe.

 

Une perte à relativiser

La perte sur l'activité de trading dépassera finalement les 2 milliards annoncés pour atteindre 5 milliards selon des estimations non officielles. Pas de quoi toutefois faire chuter la banque américaine, même si celle-ci n'échappera pas à une analyse du risque global et de la complexité de ses activités.

 

Quel modèle de croissance ?

Cette nouvelle "péripétie" écorne certes l’image de prudence que s’était forgée la banque, mais JP Morgan reste une machine bien huilée. La diversification de ses activités (gestion d’actifs, banque privée, banque d’investissement, banque de détail, ...) et la prudence dans sa gestion lui ont permis jusqu’à présent d’accroître sa base de clients et de traverser la crise avec un bilan solide et des résultats biens meilleurs que le secteur. Le bénéfice a ainsi gagné 10 % par an alors que le rendement sur fonds propres est vite remonté autour des 10 % après avoir chuté à 2,2 % en 2008 (crise des subprimes).

 

Un frein à la croissance

JP Morgan n’est par contre plus en position de force pour freiner les efforts de régulation des banques par les pouvoirs publics et les activités les plus risquées (et les plus rentables) se verront donc mettre un frein à leur développement. Dans ces conditions, le rendement sur fonds propres ne devrait plus dépasser durablement les 10 % ces prochaines années.

 

Conclusion

La perte de trading laissera des traces. Et si la banque fera tout pour convaincre ses clients qu’elle mérite toujours le même niveau de confiance, les "accidents" similaires (bien que frauduleux) enregistrés chez UBS (conservez) en 2011 et Société Générale (conservez) en 2008 ont montré que la tâche était loin d’être simple.

 

Cours au moment de l'analyse : 31,93 USD

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