Analyse
Les actions du secteur télécom sont-elles toujours intéressantes ? il y a 5 ans - jeudi 21 juin 2012

Les secteur a des atouts : ses actions sont bon marché, ses dividendes toujours généreux, il est assez peu dépendant de la conjoncture et et il est à même de répondre aux défis actuels.

Ces 5 dernières années, les actions télécom ont fait mieux que les Bourses. Cette année par contre, les Bourses mondiales ont gagné près de 6 % mais le secteur télécom n’a gagné que 2 %; et en Europe il a perdu 7 % alors que le marché restait stable. Nous conseillons cependant toujours l’achat d’une série d’actions du secteur. 

Parmi les sicav et les trackers spécialisés, les meilleurs sont la sicav Fidelity Global Telecommunications A (cap.) et le tracker EasyETF Stoxx Europe 600 Telecommunications (coté à Paris, ticker SYT). Si vous êtes déjà détenteur de parts d’autres sicav du secteur, conservez les, sauf s’il s’agit de KBC Equity Telecom (rapport risque rendement décevant).

 

Rendement sur dividende

Les grandes entreprises du secteur télécom générant des flots de cash, leur rendement sur dividende a souvent été de plus de 8 %. Mais avec la crise, la tendance des dividendes est à la baisse (les entreprises doivent épargner pour contrôler leur dette, financer leurs projets). C’est Telefónica qui, la première, a osé. Les autres ont suivi, avec pour conséquence que beaucoup d’investisseurs ont vendu. A tort, car Telefónica n’a fait que de ramener son rendement sur dividende de 14 à 10 %, ce qui reste généreux. Selon nous, le rendement moyen sur dividende du secteur va rester élevé. Un atout, à un moment où les taux obligataires sont peu élevés.

 

Défis

– Les opérateurs doivent trouver de nouvelles niches de croissance dans les marchés matures d’Occident, où chiffres d’affaires et bénéfices se tassent. Les monopolistes d’autrefois (France Télécom, Deutsche Telekom…) doivent assurer des réductions de coûts pour encore dégager des bénéfices et leur chiffre d’affaires est de plus en plus dépendant des marchés étrangers et du succès des offres multiples (téléphonie fixe, mobile, internet, télévision).

– Pour augmenter leurs bénéfices, beaucoup d’opérateurs comptent sur les pays émergents. Mais si ces pays comptent de plus en plus de consommateurs, disposant de plus en plus de moyens, ils ne dépensent pas encore autant que les occidentaux.

– Les autorités locales des pays émergents peuvent avoir des exigences contraignantes (l’Inde menace de taxer rétroactivement la britannique Vodafone sur la reprise de Hutchison Essar).

– Le secteur doit faire face à la croissance exponentielle de l’internet mobile, via les smartphones et les tablettes. Les opérateurs classiques sont certes les premiers à en profiter vu que ces données transitent par leur réseau et qu’ils en sont bien rémunérés. Selon la compagnie américaine AT&T, un utilisateur de smartphone est 1,8 fois plus rentable qu’un utilisateur de GSM classique. Mais les investissements pour l’exploitation de ce potentiel sont colossaux. Et les géants de la technologie (Apple, Google) absorbent une bonne part des rentrées. Pour ne pas devenir de simples gestionnaires de réseau rémunérés, les opérateurs concluent des partenariats sur les plans de l’infrastructure (Vodafone et Telefónica) et du service (France Télécom et Deutsche Telekom). Ils ont aussi l’intention de mettre sur le marché leurs propres applications. Tout cela pourrait déboucher sur une nouvelle consolidation du secteur, surtout en Europe.

 

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