Analyse
Pourquoi rester à l’écart des banques ? il y a 5 ans - lundi 4 juin 2012

Les cours des banques européennes ont replongé dernièrement pour retrouver, dans le meilleur des cas, des niveaux proches du début d’année…

Les banques de notre sélection se négocient à des niveaux relativement faibles (0,5 x les fonds propres contre 1 avant la crise), signe de l’inquiétude des marchés. Mais nous ne voyons pas, actuellement, ce qui pourrait les relancer durablement.
Aux cours actuels, nous sommes vendeurs de
Deutsche Bank (27,05 EUR, chère) et Dexia (0,16 EUR, à la dérive), et nous contentons de conserver les autres.
Santander Brasil (7,84 EUR) reste à l’achat pour les amateurs de risque, sur fond de rumeurs de la vente d’une partie de la participation détenue par la maison-mère Santander.

 

La crise prend de l'ampleur

Même si ce n’est pas le scénario que nous privilégions, une sortie de l'euro de la Grèce n’est pas à sous-estimer. Les conséquences financières directes seraient certes limitées, les banques ayant réduit leur exposition aux dettes souveraines, mais les effets indirects restent flous, le risque de contagion aux économies les plus fragiles n'étant pas des moindres. Les banques françaises sont ici les plus vulnérables. BNP Paribas n’est plus exposée aux dettes souveraines grecques qu’à hauteur de 200 millions, mais les crédits au secteur privé grec s’élèvent à 3 milliards. Autant dire que la perte serait lourde s'ils devaient ne pas être remboursés.

 

De leur côté, les besoins en refinancement des banques locales espagnoles sont évalués à 60 voire 110 milliards ! Si tel devait être le cas, l’intervention de l’Etat accélérerait la hausse des taux non seulement en Espagne, mais aussi en Italie et au Portugal, et déboucherait sur une crise de défiance avec, au pire, un arrêt de la circulation de l’argent entre les banques de la zone euro. Ensuite, les banques européennes devraient acter des pertes sur leurs portefeuilles de créances publiques et privées. C’est l’effet contagion, même si nous pensons que la BCE interviendra avant.

 

Enfin, l’économie européenne entre en récession (PIB : - 0,8 % en 2012 et + 0,4 % en 2013), privant les banques d’une partie de leurs revenus.

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