Analyse
Désinvestissements : nouvelle tendance ? il y a 5 ans - jeudi 12 juillet 2012

On constate actuellement que bon nombre d’entreprises cherchent à se défaire de certaines activités non stratégiques. Pourquoi ?

Cessions

La situation économique restant difficile, bon nombre d’entreprises souffrent et pensent à redessiner leurs contours. Leur souci est alors souvent de réduire ou de se débarrasser de certaines activités. Une étude d’Ernst & Young révèle que parmi les multinationales interrogées, 31 % avaient de telles intentions pour les 12 mois à venir. Une augmentation de 55 % par rapport à un an plus tôt.
La tendance est présente dans pas mal de secteurs industriels, ainsi que dans la technologie, où la concurrence force les entreprises à constamment se réinventer. Elles se focalisent alors sur les segments qui offrent la meilleure croissance et se débarrassent peu à peu du reste.

 

Raisons multiples

Les entreprises peuvent avoir des raisons très diverses de se défaire d’activités ou de filiales qui ne font pas partie de leur coeur de métier. Dans la plupart des cas, il s’agit de mieux répartir les capitaux disponibles ou d’en dégager une meilleure efficacité. Les cessions permettent de faire circuler davantage de moyens vers les occupations offrant la meilleure croissance.
C’est ainsi que le géant américain de la pharmacie Pfizer a vendu cette année sa division d’alimentation infantile au suisse Nestlé, de manière à pouvoir racheter ses propres actions et investir davantage dans les médicaments sur ordonnance.
Beaucoup de sociétés vendent aussi des divisions du monde occidental, pour investir dans les pays émergents, qui offrent de meilleurs espoirs.
Désinvestir de la sorte, c’est aussi un moyen de réunir des capitaux (alors que la levée de nouveaux fonds en Bourse est devenue moins évidente) et de se donner la possibilité de réduire sa dette ou de renforcer son bilan.
Le groupe français Lafarge en est un bon exemple. Il a communiqué il y a quelques mois qu’il procéderait à des cessions d’activités pour plus d’un milliard d’euros, pour pouvoir réduire sa dette.
Nokia, en pleine restructuration, cherche aussi à se débarrasser d’une série d’activités non stratégiques, pour renforcer sa situation financière.
Pour diverses sociétés, l’objectif des cessions est de rassembler de l’argent pour rémunérer les actionnaires (dividende ou rachat d’actions propres).

 

Conservateur

Malgré les années difficiles que nous venons de passer, les sociétés cotées sont en moyenne dans une situation financière correcte. Au contraire des autorités publiques des pays de la zone euro… Elles ont maintenu un comportement plutôt conservateur et ne se sont en moyenne pas exagérément endettées. Et la tendance à la cession d’activités s’inscrit toujours dans cette ligne de conduite. Si l’économie redémarre, la plupart des entreprises seront dès lors dans la meilleure posture pour en profiter.

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