Analyse
La semaine en Bourse il y a 5 ans - lundi 2 juillet 2012

Les annonces faites vendredi matin lors du sommet européen de Bruxelles ont été bien accueillies par des marchés qui, il est vrai, attendaient très peu. La plupart des Bourses ont enregistré des gains conséquents.


A l’issue du sommet européen des 28 et 29 juin tenu à Bruxelles, un début d’union bancaire (aide plus rapide et directe aux banques) semble se mettre en place en échange de plus de supervision supranationale. Sous réserve de confirmation, une telle opération permettra de distendre le lien entre banques et finances publiques. Le Mécanisme européen de stabilité (MES), fonds d’aide financière commun de la zone euro, pourra en effet recapitaliser directement les banques d’un pays, alors que jusqu’à présent, c’était à charge du pays en question, qui voyait alors ses finances publiques se dégrader un peu plus. Mais comme toujours lors de ces réunions, ce sont les détails concrets des décisions qui permettront de juger si elles sont de nature à faire reculer le niveau de risque sur les marchés.

 

En attendant, l’annonce de l’accord a permis aux taux d’intérêt de refluer en Italie et en Espagne, particulièrement exposés aux difficultés du secteur bancaire. Mais ils restent encore très élevés. Lundi midi, les taux d’intérêt italiens à 10 ans s’élevaient encore à 5,7 % et les espagnols à 6,3 %.

 

Sur la semaine, le S&P 500 et le Stoxx Europe 50 ont gagné respectivement 2 % et 1,7 %. Le Bel 20 a bondi de 4,8 % grâce à l’excellente performance de ses poids lourds Colruyt (+16 %, vendez), Ageas (+12,9 %, conservez) et AB Inbev (+10,2 %, vendez). La Bourse de Madrid (+3,3 %) a aussi bien rebondi. Londres, par contre, n’a gagné que 1 %, pénalisée par un secteur bancaire pris dans la tourmente déclenchée par Barclays (-18,9 %, conservez). Un scandale de plus concernant les mœurs bancaires qui ne sera pas sans conséquence pour l’ensemble du secteur, leur réputation et in fine la confiance des investisseurs. Mais la finance britannique n’a pas l’apanage des mauvaises nouvelles. Au scandale Barclays s’ajoute la probabilité que les pertes de trading de l’américaine JP Morgan (-0,7 %) soient nettement plus lourdes que prévu. Selon la presse spécialisée, elles se monteraient à 9 milliards EUR, contre 2 milliards lors d’une première estimation. Entre ces mauvaises nouvelles et les éventuels progrès enregistrés par les chefs d’Etat à Bruxelles, le secteur bancaire européen a limité son gain à 0,8 %. Le secteur des semi-conducteurs (-0,3 %) a réagi négativement à l’avertissement sur résultats de l’allemand Infineon (-14 %) suite au ralentissement mondial. Sa marge opérationnelle devrait avoisiner 12 % au 3ème trimestre 2011/12 (contre 14,6 % attendus) et la croissance trimestrielle devrait être nulle au 4ème trimestre. Nous restons à l’achat sur Intel (-1 %), TriQuint (-1,2 %) et Melexis (-3,1 %).

 

La Cour suprême des Etats-Unis a validé la loi sur l’assurance maladie de Barack Obama, qui rend obligatoire le recours à une assurance santé pour tous les Américains d’ici 2014. L’effet volume positif sur les médicaments devrait atténuer la hausse des rabais octroyés par l’industrie pharmaceutique aux assurances publiques Medicaid (pour les plus pauvres) et Medicare (les plus âgés). Notre avis sur le secteur pharmaceutique (+1,1 %) reste inchangé : nous achetons Abbott (+3,4 %), GlaxoSmithKline (-2 %) et Novartis (+0,8 %).

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