Analyse
Le secteur automobile européen à un carrefour il y a 5 ans - mercredi 25 juillet 2012

Le secteur fait figure de bon élève. Peut-on espérer une poursuite du mouvement ?

Nous restons pour l’heure à l’écart des actions du secteur automobile, à l’exception de celle de Peugeot, certes risquée mais aussi exagérément sanctionnée.

 

A l’inverse de nombreux secteurs à la traîne depuis le début de l’année, le secteur automobile européen fait figure de bon élève. Avec un rendement de près de 18 % engrangé depuis janvier, constructeurs et fournisseurs font ainsi bien mieux que les Bourses européennes dans leur ensemble. Une performance très honorable, alors que le marché automobile européen s’achemine, au vu des immatriculations au premier semestre (- 7 %), vers une nouvelle dégradation pour la cinquième année d’affilée.
Il est vrai que la plupart des constructeurs européens, allemands en tête, continuent à afficher de très bonnes ventes en dehors de l’Europe de l’Ouest, sur des marchés dits émergents.

 

Peut-on dès lors espérer une poursuite du mouvement boursier ?

 

Les défis restent nombreux. Peugeot l’a appris à ses dépens, à l’annonce de la fermeture d’un site de production et de la suppression de près de 10 % de ses effectifs en France. Les investisseurs craignent qu’il ne soit pas en mesure de mettre son plan de restructuration en œuvre, compte tenu de l’opposition des syndicats et des pouvoirs publics. Pourtant, tout le monde le sait depuis des années, il y a trop d’usines en Europe et les primes à la casse instaurées voici deux ans pour soutenir des ventes en berne n’ont fait que repousser l’échéance. La demande continuant à s’effriter, les constructeurs européens doivent donc régler d’urgence le problème des surcapacités, comme l’ont fait les constructeurs américains en fermant pas moins de 18 usines depuis 2008, contre 3 seulement en Europe !

 

Soyons toutefois réalistes. Face à une opinion publique très hostile et compte tenu des dégâts sociaux qu’entraîne une fermeture d’usine, la rationalisation sur le Vieux Continent sera semée d’embûches. Espérons malgré tout que la restructuration annoncée par Peugeot sera un premier pas vers un assainissement durable du secteur automobile européen. Et mieux vaudra dans ce cas une restructuration en douceur, organisée avec les Etats, qu’une restructuration plus violente imposée par les marchés.

 

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