Analyse
Investir dans l’énergie renouvelable via Electrawinds ? il y a 5 ans - vendredi 5 octobre 2012

L’ostendais Electrawinds, actif dans le développement de projets relatifs à l’énergie renouvelable, fusionne avec le fonds allemand European Cleantech.

En fusionnant avec European Cleantech (ECT; 9,74 EUR), Electrawinds disposera donc d’environ 60 millions d’euros pour réaliser ses ambitions et peut entrer sur la Bourse de Francfort en évitant les inconvénients d’une IPO.
Nous ne prévoyons aucun bénéfice avant 2014-15. Pour un dividende, il faudra attendre longtemps. Un cours de plus de 9,50 EUR reflète selon nous les perspectives. Et les risques ne sont pas négligeables.
Restez à l’écart.

 

Fusion

ECT est une société allemande créée il y a 2 ans dans l’unique but de mettre la main sur un producteur européen d'énergie verte. Il a finalement jeté son dévolu sur Electrawinds, société belge fondée en 1998 et devenue une référence dans le renouvelable (avec entre autres le soutien de la Gimv). Electrawinds développe, construit et exploite des projets en Belgique, France, Italie, Europe de l'Est et Afrique. Son chiffre d’affaires est de 140 millions d’euros; la société emploie 230 personnes sur 27 parcs éoliens, 4 sites de biométhanition et 20 installations photovoltaïques.

 

Atouts et objectifs

Electrawinds bénéficie donc d’une diversification géographique (un atout car les vents sont aléatoires) et technologique. Les projets qui ont déjà un permis de bâtir représentent plus de 1,1 fois la base déjà installée; la totalité de projets en cours compte pour 4,4 fois cette base. L’argent d’ECT est indispensable car ses ambitions sont grandes et ses finances fragiles. Pour ces prochaines années, la société a l’objectif (raisonnable) d’accroître son chiffre d’affaires de 20 % l’an, en préservant sa rentabilité (hors amortissements). Mais les charges financières et les amortissements sont lourds. Malgré la baisse des prix des équipements (surcapacité dans l’industrie des turbines et du photovoltaïque) et la hausse probable des prix de l’électricité (abandon progressif du nucléaire). De plus, la rentabilité des projets est menacée par des changements légaux (en période d’austérité : peu d’intérêt pour l’environnement, subsides rabotés). Aujourd’hui, plus de 40 % des revenus sont le fruit des certificats verts, les liquidités générées sont insuffisantes et la rentabilité est donc très dépendante des banques (plus exigeantes qu’avant la crise). Pour éviter une explosion rapide de la dette, d’autres augmentations de capital sont probables.

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