Analyse
La chimie prend sa revanche il y a 5 ans - lundi 22 octobre 2012

Depuis le début d’année, la valorisation des actions chimiques est en forte hausse. S’agit-il d’un feu de paille ou d’une tendance plus profonde amenée à durer ?

Autrefois mal aimé (polluant, peu rentable, en déclin), le secteur de la chimie regagne du terrain. Il profite du dynamisme des pays émergents et tirera parti à plus long terme de l’évolution vers un plus grand respect de l’environnement et de la recherche de substituts à l’énergie fossile. Cependant, vu les cours des derniers mois et les menaces économiques, les actions chimiques que nous suivons ne sont pas bon marché.

 

Vendez Air Liquide et Tessenderlo
Conservez
BASF, Bayer, DuPont, Solvay et Umicore

 

Forte hausse

Le 24 septembre, le belge Solvay a rejoint le CAC40, l’indice phare de la Bourse de Paris. Le même jour, l’allemand Lanxess entrait dans l’indice Dax des 30 valeurs vedettes à Francfort. Un peu plus tôt, c’est le néerlandais LyondellBasell qui intégrait l’indice américain S&P500. Pas étonnant au vu de leur parcours en 2012 : de début janvier à fin septembre, le cours de Solvay a bondi de 38 %, celui de Lanxess de 51 % (vendez) et celui de LyondellBasell de 54 % (conservez). Le français Arkema (vendez), qui a gagné 29 %, pourrait aussi faire son entrée dans la cour des grands.

 

Pourquoi ?

Les valeurs chimiques ont bien résisté à la crise, grâce à la diversification de leur activité (le pétrole pour BASF, l’agrochimie pour Bayer et Dupont), mais aussi au dynamisme des pays émergents, qui compense le ralentissement occidental. Les grands groupes ont fait de gros efforts pour réduire les coûts suite à la crise de 2008, et soutenir les marges. L’industrie a profité d’un regain d’intérêt pour les titres cycliques, soutenu par les bons résultats du premier semestre. Enfin, le marché prend conscience des perspectives à long terme du secteur. Vu la hausse des besoins alimentaires, les bons résultats dans l’agrochimie deviennent structurels. Et le besoin d’un développement durable tend à s’imposer (photovoltaïque, réduction du poids des véhicules, isolation des bâtiments, batteries, réduction des émissions,…).

 

Excès d’optimisme ?

Malgré cet engouement, des nuages assombrissent toujours le secteur. Si les annonces récentes de la BCE ont rassuré les marchés, les problèmes en Europe ne sont pas réglés et il ne faut pas attendre de croissance fabuleuse ces prochaines années. Vu la flambée des matières premières et les possibilités de restructuration limitées, il n’y a plus grand-chose à espérer au niveau des marges (à court et moyen terme). Des menaces de surcapacités pèsent en Europe en raison de la faible croissance économique.

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