Analyse
Cinq actions belges à vendre il y a 4 ans - mardi 13 novembre 2012

Leur cours est bien trop élevé. Ce n'est pas justifié au regard de leurs perspectives.
C'est le moment de vendre !

AB Inbev
Le brasseur belge peine à faire croître ses volumes vendus et est donc de plus en plus dépendant des hausses de prix pour défendre sa rentabilité opérationnelle, qui culmine à un niveau déjà élevé. En Europe et dans le sud de l'Amérique Latine, les volumes sont en retrait, de façon inquiétante. En Amérique du Nord, les volumes restent en progression grâce au lancement de bières spéciales, dont les consommateurs sont de plus en plus friands.
Mais ces dernières, encore marginales, engendrent des frais supplémentaires (distribution, marketing).
Le cours ne tient pas suffisamment compte de ces éléments.

 

Colruyt
Bien que le distributeur parvienne normalement à attirer plus de clients en temps de crise, il n’est pas pour autant totalement immunisé au sens de plus en plus critique du consommateur, qui cherche à ne pas trop dépenser (il achète moins et moins cher). De plus, ses concurrents jouent aussi de plus en plus la carte des prix bas, ce qui l’oblige à suivre et à réduire encore ses prix. D’autre part, ses coûts de fonctionnement (salaire, énergie, matières premières) sont toujours en hausse et la marge de manœuvre pour encore les réduire est de plus en plus réduite. En ce qui concerne l’ouverture de magasins, d’ici quelques années, Colruyt atteindra aussi ses limites. Le rythme de croissance (du bénéfice) devrait donc ralentir ces prochaines années.
L’action est beaucoup trop chère.

 

Dexia
Dexia a des fonds propres consolidés négatifs et est donc virtuellement en faillite. Sa capacité de survie est nulle. Les actionnaires ne doivent plus rien attendre. Tôt ou tard, il y aura encore une ou plusieurs augmentations de capital (des injections dans un puits sans fond….). Le holding n’a pour ainsi dire plus aucun revenu courant, alors qu’il doit toujours assumer des dépenses de personnel et rémunérer les garanties qu’il a obtenues des Etats belge et français. Le cours peut fortement fluctuer en fonction des nouvelles.
Investir dans Dexia, c’est jouer au casino.

 

Roularta
Selon nous, l’avertissement sur résultats de juin dernier a été trop timide. Au-delà de la fragilité du marché publicitaire, qui assure 60 % des revenus, les activités télévisuelles vont immanquablement souffrir du relancement des chaînes VT4 et Vijf TV (rebaptisées Vier et Vijf), qui grappillent des parts de marché depuis septembre.
A plus long terme nous sommes pessimistes pour le groupe qui doit à la fois faire face à un marché de la presse saturé et à l’émergence de nouveaux sérieux concurrents en dehors du monde télévisuel classique (Youtube, Netflix, opérateurs télécoms,…) avec le développement de la video à la demande (VOD).
Les menaces sont sous-estimées par le marché.

 

Van de Velde
Les ventes reculent depuis la mi-2011 et la tendance risque de se poursuivre encore au moins sur une partie de 2013. Nous ne serions pas étonnés de voir le groupe acter une nouvelle dépréciation de sa participation de sa filiale Top Form (Hong-Kong).
Ces prochaines années, les coûts vont augmenter de manière structurelle. En Chine, les coûts de production vont continuer de progresser. Et surtout, pour soutenir sa croissance, le groupe devra lourdement investir dans le développement de son propre réseau de distribution, vu les difficultés des petits indépendants (son canal de distribution privilégié), qui perdent continuellement des parts de marché au profit des grandes chaînes.
Le cours ne tient pas suffisamment compte des défis à relever.

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