Analyse
Les actions à droits de vote multiples rapportent moins il y a 4 ans - mardi 27 novembre 2012

Une récente étude américaine le démontre.

Aux Etats-Unis, une étude récente portant sur la dernière décennie a montré que les actions d'entreprises attribuant des nombres de droits de vote différents selon des catégories d'actionnaires rapportaient moins (quelque 2 % en moyenne par an en USD) que celles d'entreprises respectant le principe « une action, une voix ».

 

Les actions à droits de vote multiples sont généralement dévolues aux fondateurs ou aux dirigeants d'entreprises de façon à leur permettre de contrôler les processus de décision alors même qu'ils ne détiennent pas la majorité du capital. Certains groupes de médias (News Corp, New York Times,…) recourent à ce système pour « protéger » l'intégrité éditoriale, d’autres, comme les fondateurs d'entreprises de haute technologie (Google, Facebook, Groupon, Zynga…), cherchent à garder la mainmise sur le développement de leur création. A priori, de telles motivations semblent légitimes en ce sens qu'elles devraient permettre à ces entreprises de croître plus harmonieusement sans avoir à redouter des logiques de court terme supposément imposées par les autres actionnaires. Il n'en est rien : outre le fait que les actions à droit de vote multiples performent souvent moins bien que les autres, elles sont aussi plus sujettes à la volatilité et donc plus risquées.

 

C'est un signe de sérieux du management que de considérer avec respect toutes les parties prenantes d'une entreprise. Là où les petits actionnaires ne sont sollicités que pour apporter des capitaux sans avoir leur mot à dire, des décideurs omnipotents risquent de n'en faire qu'à leur tête, choisissant des voies potentiellement dangereuses. Plus près de nous, en France, le groupe Lagardère, du fait de sa structure de commandite, présente aussi une distorsion néfaste entre le capital détenu et le pouvoir exercé : ne détenant que 10 % du capital, Arnaud Lagardère a pourtant tous les pouvoirs de décision malgré les critiques dont il fait l'objet. Est-il dès lors si étonnant que le cours de l'action du groupe ait été réduit de moitié sur les 10 dernières années ?

 

Mais toutes les actions à droits de vote multiples ne sont pas forcément de mauvais investissements. Celui qui a acheté Google ou LinkedIn, au prix de leur introduction en Bourse n'a pas eu de motif de se plaindre. Mais si vous êtes un actionnaire de seconde classe, méfiez-vous !

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