Analyse
Econocom, victime collatérale des banques? il y a 4 ans - mercredi 5 décembre 2012

Si le business modèle du groupe séduit par temps de crise, le fait que sa croissance soit liée au bon vouloir des banques nous inquiète.

Après le rally du cours, la valorisation du groupe actif dans la gestion des infrastructures informatiques et télécoms des entreprises en Europe est désormais élevée. Mieux vaut prendre votre bénéfice.
VENDEZ.

 

Business modèle résiliant

Les ventes, largement soutenues par l’acquisition réussie du français ECS en 2010, auront doublé de 2009 à 2012; le bénéfice (hors exceptionnel) a même fait un peu mieux. Ce sont les activités de financement qui contribuent le plus au bénéfice opérationnel (82 % estimés en 2012 contre 52 % en 2006). Econocom fournit le matériel à ses clients et cède les traites du leasing aux banques, contre une rémunération unique. L’activité n’immobilise que peu de capital et laisse une petite marge, tout en transférant au banquier les risques de défaut de paiement. En ces temps de crise, les sociétés cherchent à optimiser liquidités et investissements, ce qui favorise le taux de renouvellement d’Econocom (2/3 des clients) ou les extensions de contrats (60 % du 1/3 restant).

Croissance hypothétique

Econocom dépend très fort des banques, peu enthousiastes pour ses nouvelles initiatives (e.a. gestion des solutions mobiles incluant service et software) qui sont pourtant le pilier de sa croissance future. Pour s’affranchir des banques, Econocom a fondé en joint-venture sa propre société de financement. Mais ses moyens sont limités. Aussi, à l’heure où les budgets des entreprises européennes sont sous pression et pèsent sur les activités hors leasing, il nous paraît hypothétique de tabler sur une future croissance des ventes, des marges et du bénéfice 2013.

Prenez vos bénéfices

Sur les 9 premiers mois 2012, les ventes d’Econocom ont perdu 5 % et l’exposition aux pays d’Europe du Sud reste grande (27 % du bénéfice opérationnel au premier semestre). Mais le bénéfice par action 2012 devrait s’élever comme prévu à 0,50 EUR par action. Sur cette base, la valorisation est raisonnable. Par contre, même si le groupe n’est pas endetté, sa valeur comptable n’atteint que 1,80 EUR par action, le goodwill est conséquent (1,90 EUR) et le rendement sur dividende reste faible (1,6 % net).

 

Cours au moment de l’analyse : 5,14 EUR

 

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