Analyse
Chypre : pire prestation boursière de 2012 il y a 4 ans - jeudi 10 janvier 2013

En 2012, l’indice CSE, l’indice phare de la Bourse locale, a perdu 60 % de sa valeur. C’est la pire prestation boursière au monde sur l’année. Comment expliquer une telle culbute ?

Pour l’instant, évitez certainement cette Bourse !

 

Pourquoi le pays est-il en difficultés ?

Le pays est étroitement lié à la Grèce et la crise grecque a fait complètement capoter le système bancaire cypriote. Les banques cypriotes ayant des intérêts énormes dans des actifs grecs, la crise grecque et l’accumulation de défauts de remboursement de crédits leur a infligé de lourdes pertes. Pour survivre, le secteur bancaire local aurait besoin d’une injection de capitaux de l’ordre de 10 milliards d’euros. Une situation catastrophique qui a inévitablement lourdement éclaboussé les autres secteurs économiques et plongé tout le pays dans une grave crise.

 

Qu’a-t-on mis en oeuvre pour sauver le pays de la débâcle ?

En 2011, Chypre a bénéficié d’un prêt de 2,5 milliards de dollars octroyé par son partenaire commercial privilégié : la Russie. Une bonbonne d’oxygène qui lui a permis d’assumer ses dépenses quotidiennes mais sans parvenir à subvenir à tous les autres besoins. Ces derniers mois, l’Union européenne a travaillé à un plan de sauvetage. Pour déterminer le montant de l’aide, le gestionnaire d’obligations américain Pimco a réalisé une radioscopie du secteur bancaire cypriote (ce qui devrait être clôturé fin janvier). Il est question de 17 milliards d’euros, ce qui correspond au PIB annuel du pays. La plus grosse partie serait octroyée au secteur bancaire.
En parallèle, le pays a lancé un important programme d’économies. D’ici 2015, il devrait dégager un surplus budgétaire (contre un déficit de 3 % actuellement). La dette publique est de 90 % du PIB. Le risque de perte est assez conséquent pour les détenteurs d’obligations de l’Etat cypriote. Une opération de réduction de la dette est d’ailleurs envisagée, à l’image de ce qui a été fait en Grèce.

 

Peut-on compter sur une reprise boursière ?

Après un certain moment, et même si les problèmes du pays sont loin d’être résolus, on peut considérer que les cours boursiers tiennent compte en totalité de l’ampleur de la catastrophe.
Mais vouloir tenter de profiter de l’ébauche d’un mouvement de reprise serait néanmoins une très mauvaise idée. La Bourse de Chypre est un marché trop petit, dont la liquidité est trop limitée et qui est actuellement la proie des spéculateurs.

Partagez cet article