Analyse
Fusions et acquisitions : le nouveau moteur ? il y a 4 ans - jeudi 28 février 2013

Après deux années de léthargie, les opérations de fusions et acquisitions font un retour remarqué en ce début d’année 2013. Cette recrudescence est-elle de nature à soutenir durablement les Bourses ?

Nous gardons la tête froide.

 

Fusion entre American Airlines et US Airways pour former la première compagnie aérienne mondiale, rachat du fabricant de PC Dell, offre de Warren Buffett sur Heinz ou de Liberty Group sur Virgin Media….

Généralement, un regain d’animation sur le front des fusions-acquisitions est bien accueilli par les marchés boursiers. Il reflète une confiance accrue des dirigeants d’entreprises en l’avenir. Le fait qu’ils investissent pour relancer leur croissance (après s’être focalisé sur la réduction des coûts au plus fort de la crise) est un signe positif.

Mais si le mouvement est salué par les marchés boursiers, il doit être relativisé.

D’une part, rien ne dit qu’il se poursuivra dans les mois à venir (tout dépend de la stabilité financière mondiale). D’autre part, les espoirs pourraient être déçus si, comme c’est souvent le cas, les dirigeants se sont montrés trop optimistes dans leurs acquisitions. Avoir des projets de croissance est une très bonne chose, encore faut-il se montrer raisonnable. Or, les acquisitions sont parfois surpayées et, dans deux cas sur trois, détruisent de la valeur pour l’actionnaire de l’acquéreur (risque d’intégration sous-estimé, synergies moins fortes que prévu, etc…). Actuellement, le risque d’acquisitions dispendieuses est d’autant plus grand que les entreprises américaines détiennent un montant record de liquidités, qui pourraient commencer à leur brûler les doigts. Les exemples sont nombreux d’entreprises qui ont multiplié à tort les acquisitions dans des périodes d’euphorie boursière. C’est le cas des opérateurs télécoms en 2007. Ils en paient actuellement le prix, contraints de comptabiliser d’importantes charges pour dépréciation de goodwill. Que dire alors du milliardaire mexicain Carlos Slim qui, désireux de s’implanter en Europe, a pris une participation de 28 % dans l’opérateur télécom KPN à 8 EUR il y a moins d’un an et vu son investissement fondre de 65 % depuis ? Face à ce mouvement, nous gardons la tête froide.

 

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