Analyse
Pétrole : que penser des nouveaux géants ? il y a 4 ans - vendredi 1 février 2013

Le chinois Petrochina, le russe Lukoil ou encore le brésilien Petrobras (pour ne citer que les plus connus) affichent des promesses de croissance alléchante.

Ces géants de l’industrie pétrolière sont des propriétés de leur Etat respectif.
Mais même si, pour certains d’entre eux, le cours de Bourse est bon marché (Petrobras est jusqu’ici est la plus prometteuse), il est encore trop tôt pour y investir, faute de transparence.
Pour profiter des belles perspectives du pétrole, achetez plutôt le britannique
BP ou l’américain Chevron, notre favori.

 

Atouts incontestables

Plus que jamais, les Etats riches en pétrole tentent de garder la main sur leurs réserves d’hydrocarbures Ils ont attribué gratuitement (ou à bon compte) de riches concessions à des sociétés telles que Petrochina, Lukoil ou Petrobras…, là où d’autres doivent investir lourdement, sous peine de voir leurs réserves s’assécher. La position de ces sociétés est d’autant plus confortable qu’elles ne souffrent ni de concurrence (monopole du sous-sol national), ni de contraintes administratives, fiscales ou financières (financement quasi illimité des pays).

 

Culture du secret

Ces nouveaux géants du pétrole sont devenus plus riches que certains pays en seulement quelques années. Une ascension fulgurante qui présente des risques : les sociétés étant propriétés de l’Etat, les recettes peuvent être allouées à d’autres fins que leur développement. L’intérêt de l’actionnaire minoritaire passe au second plan. En outre, investir dans ces entreprises n’est pas chose aisée. La plupart appartiennent à l’Etat à 100 % (capital fermé). C’est le cas de Saudi Aramco (Arabie saoudite) ou de PDVSA (Venezuela). Dans d’autres cas, il n’est pas possible d’investir dans le pays d’origine, comme en Malaisie (Petronas) ou Colombie (Ecopetrol).

 

Un risque encore trop grand

Certaines entreprises, pour pouvoir être cotées à New York ou à Londres (via des ADR), ont fait des efforts de transparence. Mais Petrochina, Lukoil et Petrobras restent plus risquées que la moyenne du secteur. Pour l’actionnaire minoritaire, l’ingérence de l’Etat est un risque trop grand. Même si ces actions sont bon marché, nous préférons attendre des signes d’ouverture et d’amélioration de la gouvernance avant de vous les conseiller.
Petrobras est jusqu’ici est la plus prometteuse. Malgré l’entêtement du gouvernement brésilien à ne pas faire appel au savoir-faire extérieur, via des alliances avec des groupes privés, des évolutions positives devraient intervenir.

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