Analyse
Faut-il investir en France ? Dans quelles actions ? il y a 4 ans - mardi 19 mars 2013

Malgré une récession, un chômage élevé et une industrie aux abois, la France tarde à mettre en œuvre des mesures susceptibles de l’aider à retrouver sa compétitivité. Globalement, la Bourse française n’est pas bon marché. Mais certaines actions valent le détour.

Des actions de sociétés françaises actives en dehors des frontières nationales sont trop sanctionnées.
ACHETEZ :
– 
Axa : diversification géographique prudente; bons résultats dans l’assurance-vie où il diversifie ses sources de revenus; solidité renforcée en 2012.
– 
Bouygues : les difficultés sur le métier télécom sont intégrées dans le cours; bon contrôle de la dette; rendement sur dividende élevé.
– 
France Télécom : souffre aussi des difficultés en téléphonie; a renforcé son plan de réduction de coûts.
– 
GDF Suez : se tourne vers les pays émergents pour trouver de la croissance; le plan 2015 prévoit la baisse des coûts et dette via des cessions.
– 
Veolia Environnement : la restructuration engagée en 2011 n’est pas encore gagnée mais commence à porter ses fruits; réduction des coûts, recentrage géographique… risque élevé.

 

Compétitivité à la peine

La compétitivité s’est fort détériorée. Sur 20 ans, les coûts salariaux ont augmenté de plus de 33 %. La France perd des parts de marché. Ses exportations ne représentent plus que 13 % du total des exportations de la zone euro. La balance commerciale ne parvient plus à sortir du rouge. De plus, le marché intérieur est très morose. De quoi inciter les entreprises à réduire leurs ambitions. L’investissement s’en ressent, pesant sur la croissance. Mais l’emploi aussi : en janvier, le taux de chômage a atteint 10,6 % de la population active. A 3,17 millions de chômeurs, le pays est proche du pic de 3,2 millions atteint en 1997. Pas de quoi rassurer les ménages, qui réduisent les dépenses.

 

Suivre la voie allemande ?

A l’heure où la priorité européenne est à l’assainissement des finances publiques, la marge de manœuvre des autorités françaises est très réduite : depuis 2009, le déficit budgétaire moyen est de l’ordre de 6 % du PIB. Dès lors, de 68 % du PIB en 2008, la dette publique dépassera cette année les 90 %. Autant dire que la marge budgétaire est pratiquement inexistante, d’autant plus que le pays s’est engagé à réduire le déficit budgétaire à 3 % du PIB pour l’année en cours. Il reste donc la voie des réformes. L’expérience allemande est évoquée. Le rapport Gallois montre le chemin à suivre : cadre réglementaire stable et plus propice aux affaires, réduction des charges sur les entreprises et l’emploi, vraie politique industrielle de soutien à l’innovation et aux PME. Mais cela se paient cher (hausses des contributions sociales, de la TVA). Reste à savoir si Paris aura le courage de s’engager sur la voie des réformes ou si elle se contentera de modifications à la marge qui permettront à la France de rester à flot en attendant de redémarrer par les exportations lorsque la conjoncture le permettra. Actuellement vingt et unième au rang des économies les plus compétitives, la France aura du mal à inverser la tendance.

 

Potentiel pourtant énorme

Le taux d’épargne des ménages français reste un des plus élevés d’Europe (pus de 15 % du revenu disponible) et son taux de natalité est bien plus élevé que celui des autres grandes économies européennes. De quoi lui offrir un profil démographique plus favorable pour préparer l’avenir. Enfin, son infrastructure, sa main-d’œuvre qualifiée et son positionnement au cœur de l’Europe, continuent d’en faire un pays de choix pour l’investissement étranger.


Partagez cet article