Analyse
Ter Beke : la prudence est de mise il y a 4 ans - jeudi 28 mars 2013

Avec la crise de la viande chevaline, la confiance des consommateurs est ébranlée à l’égard des acteurs du secteur.

Le belge Ter Beke, spécialiste de la charcuterie et des plats préparés, en souffre aussi. A tort ou à raison ? Même si son action s’avère bon marché, nous préférons jouer la prudence et attendre d’y voir plus clair. Restez à l'écart.

 

Qui est Ter Beke ?

Ter Beke dispose de 8 sites industriels en Belgique et aux Pays-Bas. Il écoule ses produits dans 10 pays européens. 69 % de ses revenus proviennent de la vente de charcuterie (L’Ardennaise, Pluma, Oligustoet, Daniël Coopman). Les 31 % restants sont réalisés dans la vente de plats préparés (Come a casa, Vamos). Dans ces deux segments, Ter Beke fournit aussi des marques de distributeurs. En 2012, il a vendu pour 421 millions d’euros.

Bon marché malgré tout

Le secteur dans lequel évolue Ter Beke souffre des hausses de prix de l'énergie, des salaires et des matières premières (viande de porc…), qui ne peuvent être compensées par des hausses suffisantes des prix de vente, vu la force de négociation des gros clients de la distribution. En deux ans, le bénéfice a reculé de 22 %, à 4,70 EUR par action.

 

Néanmoins l’action est bon marché. Le dividende : à 2,50 EUR net, est égal à celui de 2011, offre un rendement de 3,7 % net et devrait rester stable (sauf catastrophe). De plus, l'endettement du groupe est raisonnable et le risque financier limité.

 

Victime collatérale

Le secteur souffre à présent du scandale de la présence de viande de cheval dans des plats ne la mentionnant pas. Comme en 2000 avec la vache folle, Ter Beke n’est pas impliqué (il ne fabrique pas les plats surgelés concernés ni les lasagnes au boeuf). N’empêche : les commandes sont en baisse et le chômage économique important dans ses deux usines de plat préparé. Jusqu’à quand ? Impossible de savoir si le consommateur, ébranlé par le trouble jeté sur la traçabilité des denrées alimentaires, va modifier durablement son comportement ou revenir après un temps. En Belgique, la situation n’est pas alarmante Mais Ter Beke exporte beaucoup aux Pays-Bas, en Allemagne et au Royaume-Uni... où il est question d’un recul de ±50 % des ventes de plats préparés ! Sur 3 ou 4 mois, l’impact sur son chiffre d’affaires pourrait vite dépasser la dizaine de millions d’euros et plomber encore la rentabilité en 2013 !


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