Analyse
Le secteur aéronautique il y a 4 ans - vendredi 3 mai 2013

Les actions des compagnies aériennes européennes ont gagné 68 % en un an, celles des constructeurs aéronautiques ont pris 21 %.

Le secteur profite des bonnes perspectives du transport aérien. Mais les compagnies aériennes européennes constituent un certain risque (dette élevée, restructurations) et leur cours a bien monté depuis un an. La plupart sont correctement évaluées. Les constructeurs aéronautiques également. Exception : Spirit Aerosystems (achetez).

 

Compagnies aériennes

Lors de la dernière décennie, le secteur aérien en Europe s’est faiblement comporté en Bourse, les compagnies ayant été pénalisées par les attentats (2001), la menace du SRAS (2003) et la crise économico-financière (2008 et 2009). Mais depuis deux ans, la tendance est à la hausse, suite à la reprise du trafic aérien. Au premier trimestre 2013, suite à une demande plus forte que prévu, l’IATA a relevé ses perspectives de croissance, tant pour le fret que pour les passagers (elle prévoit +5 % en moyenne par an). Les investisseurs ont apprécié les restructurations que les compagnies consentent (p.ex. : programme SCORE de Lufthansa) pour faire face aux concurrents low cost (réduction des capacités sur courtes distances, création de propres filiales low cost, comme Air France avec Hop).

 

L’avenir dépendra de la capacité des compagnies à mener à bien leurs restructurations. En attendant que celles-ci se traduisent dans les résultats, les low cost ont toujours le vent en poupe. D’autant que la situation économique incite à voyager moins cher et que leur situation financière confortable leur permet de moderniser leur flotte et de distancer ainsi encore plus les acteurs historiques. De plus, les nouvelles compagnies (notamment celles du Golfe, Emirates et Etihad) concurrencent aussi les traditionnelles sur les longs courriers entre l’Europe et l’Asie, des routes en forte croissance. Les européennes doivent y améliorer le service à bord pour séduire les clients haut de gamme. Un défi, vu leurs soucis financiers.

 

AirFrance – KLM (conservez) : pas cher mais très risqué, situation financière tendue
Deutsche Lufthansa (conservez) : plan de restructuration crédible, bilan sain
Easyjet (vendez) : bonnes perspectives mais le cours a trop monté
IAG (British Airways; conservez) : négociations en cours pour redresser la filiale Iberia
Republic Airways (conservez) : à la recherche d'un repreneur pour la filiale Frontier
Ryanair (vendez) : modèle économique solide mais titre devenu trop cher

 

Constructeurs aéronautiques

Les constructeurs aéronautiques profitent aussi des solides perspectives du trafic aérien. Boeing et Airbus se partagent ±90 % des avions de moyen et long courrier, suivis par de plus petits groupes (le brésilien Embraer…) et divers équipementiers.
Contrairement aux transporteurs, ils bénéficient d’un positionnement mondial. Leurs commandes sont bien orientées, tirées par les pays émergents (échanges commerciaux en hausse, émergence d’une classe moyenne), qui assurent près de 50 % des commandes de Boeing et Airbus. Aux USA et en Europe, la demande vient principalement du remplacement de vieux appareils, gourmands en carburant.
Les chiffres d’affaires s’accroissent régulièrement depuis plusieurs années, en dépit des difficultés de certaines compagnies aériennes. La concurrence y est faible, compte tenu des contraintes réglementaires, financières et technologiques. Les acteurs tels que Boeing, Airbus et leurs fournisseurs, sont dans une position plus saine que les compagnies aériennes.

 

Boeing (conservez) : en position confortable de coleader du secteur avec Airbus
EADS (Airbus; vendez) : perspectives solides mais cours surévalué
Embraer (conservez) : potentiel de hausse du cours limité
Spirit Aerosystems (achetez) : ancienne filiale de Boeing; a les atouts pour prendre de la hauteur

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