Analyse
Pharma : l’Inde n’est pas (encore) l’eldorado il y a 4 ans - jeudi 13 juin 2013

En 2005, sous la pression de l’Organisation Mondiale du Commerce, l’Inde a entériné des règles de protection des brevets sur les médicaments. Conséquences ?

Miser sur un grand labo reste un des seuls moyens pour profiter de l’essor du marché pharmaceutique indien. Car en dehors d’acteurs locaux comme Dr. Reddy’s coté à New York, les autres restent peu ou pas accessibles. Pour investir plus globalement dans les génériques, misez sur l’israélien Teva, qui a une petite présence en Inde.
Pour miser plus globalement sur le développement de l’Inde, achetez la sicav
Aberdeen Global Indian Equity A2 dont la santé représente 7 % environ du portefeuille.

 

Le cas de Novartis

Lorsque Novartis a demandé une protection pour la nouvelle composition de son anticancéreux vedette Glivec, il s’est heurté, sous prétexte d’un manque d’innovation, au refus de l’office indien des brevets. Le groupe suisse a donc décidé de porter plainte. Déjà débouté en 2007, puis en appel en 2009, Novartis n’avait plus comme espoir que de plaider sa cause devant la Cour suprême indienne. Un espoir déçu : la Cour suprême a récemment refusé de lui accorder son brevet.

Quelles conséquences pour les labos ?

Si le marché pharma indien suscite toutes les convoitises (le bureau d’étude IMS Health table sur une croissance moyenne de 12 % l’an ces cinq prochaines années), il n’est toujours pas l’eldorado escompté. Car si la délivrance de brevet y est possible, elle reste marginale. La quasi-totalité du marché restera probablement représentée par les médicaments génériques, un domaine où les sociétés indiennes excellent. Les labos doivent donc adapter leur stratégie face à un pouvoir politique qui veut donner accès aux soins au plus grand nombre, en favorisant les génériques. Il leur faudra donc proposer des produits spécifiques à prix adapté, et s’associer avec des partenaires locaux (ou les racheter) pour s’implanter avec succès. Avec pour effet des marges plus restreintes. Certains labos suivent déjà ce chemin, comme GlaxoSmithKline, qui a renforcé sa participation au sein de sa filiale indienne de médicaments en vente libre.

 

Partagez cet article