Analyse
Les Bourses en 2014 : conseils pratiques il y a 3 ans - lundi 27 janvier 2014

Depuis ce vendredi 24, les indices sont revenus en territoire négatif depuis le début de l’année : -1,4 % pour le Stoxx 50 et -1,2 % pour le Bel 20. Comment s’adapter ?

La période est trop courte pour en tirer un enseignement définitif, mais il semble bien que les investisseurs soient sur leur garde. Pourquoi ?

 

Scénario

La très belle progression des Bourses européennes et américaines en 2013, soutenue par les interventions des banques centrales, laisse aujourd’hui place aux questions quant à la poursuite haussière. Il est impératif que la croissance des bénéfices en 2014 et 2015 soit au rendez-vous pour justifier les niveaux actuels.
Les récents indicateurs confirment notre scénario : retour de la croissance aux USA, léger redressement en Europe (grâce à l’amélioration de la conjoncture dans les pays de la zone euro les plus touchés par la crise) et poursuite du ralentissement des pays émergents. Mais certains d’entre eux devraient être en mesure de garder des taux de croissance enviables, à condition que les banques centrales ne soient pas trop pressées d’inverser les politiques monétaires expansionnistes.

Trois conseils

 – La publication de résultats ou un point stratégique fait par une entreprise est l’occasion de (ré)évaluer le risque de votre placement. Si ce risque est trop élevé par rapport à ce que vous pouvez accepter (horizon de temps, recherche d’actions de bon père de famille…), mieux vaut vous débarrasser du titre. Pour vous aider, nous publions pour chaque action un coefficient de risque allant de 1 (très peu risquée) à 5 (particulièrement risquée). Nous l’adaptons en fonction des évolutions.
– La baisse d’un titre en portefeuille n’est jamais agréable. Mais s’il devient bon marché (= si son cours incorpore trop de pessimisme), peut-être est-ce l’occasion de vous renforcer sur ce titre, à condition de ne pas déséquilibrer votre portefeuille. Pour rappel, ne consacrez pas plus de 25 % de vos avoirs à des actions individuelles.
– Si vous détenez une action chère en portefeuille, mieux vaut la vendre sans tarder. Un titre trop richement valorisé (= si son cours incorpore trop d’optimisme) finit par reculer.

Interview de Pierre Samain, analyste en chef dans nos bureaux de Luxembourg

Dans quel état d’esprit sont les investisseurs ?
Ils optent pour un attentisme prudent, face à de premiers résultats d’entreprises mi-figue, mi-raisin, qui nourrissent des questions sur la valorisation des actions. Reste à voir ces prochains mois si les déceptions seront généralisées à tous les secteurs.

Les marchés peuvent-ils encore progresser ?
A moyen terme, je pense que oui, surtout aux USA, mais moins qu’en 2013. Les marchés y anticipent une partie de la reprise. Ils seront moins soutenus par les banques centrales et plus par les fondamentaux des entreprises, comme la croissance des bénéfices. C’est finalement assez sain. En Europe, la faible croissance pèsera sur la rentabilité des sociétés. Il y a des opportunités, mais il faut retenir les dossiers solides.

Les gros risques pour 2014 ?
Au-delà des risques de déception sur les résultats 2014, un gros accident dans le secteur financier chinois pourrait avoir des répercussions sur les Bourses mondiales. La poursuite rapide de l’appréciation de l’euro pourrait aussi pénaliser nos valeurs exportatrices. Mais ce n’est pas notre scénario.

Un secteur intéressant et un à éviter en 2014 ?
Dans une stratégie de moyen/long terme, nous restons positifs sur le secteur pétrolier. Le secteur est solide et géré dans l’intérêt des actionnaires.
Evitez par contre le secteur bancaire, trop opaque pour les bons pères de famille.

 

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