Analyse
Les chaînes TV européennes ont plutôt la vie dure il y a 2 ans - vendredi 5 décembre 2014

Les grands noms de la télévision en Europe connaissent une année 2014 difficile. Et leurs perspectives de développement restent sombres.

Mais même si leurs cours de Bourse a souffert, nous ne sommes acheteurs d’aucune grande action du secteur. Les seules qui s’avèrent attractives sont celles d’opérateurs télécom se développant dans la télévision, à savoir Vodafone et AT&T.

 

Revenus

Les chaînes TV européennes tirent leurs revenus de la publicité (75 % pour TF1, M6 ou Mediaset, plus de 80 % pour les activités TV de Roularta), ainsi que des abonnements aux chaînes payantes (80 % pour BSkyB); les chaînes publiques tirent parti de la redevance audiovisuelle et d’aides publiques (60 à 70 % pour BBC et ZDF); toutes retirent aussi quelques moyens de la vente de programmes, etc.

 

Crise

La crise économique forçant les annonceurs à réduire les budgets, les recettes publicitaires souffrent. Un phénomène dont pâtissent fort les chaînes des pays du sud (Mediaset Italie et Espagne) et les françaises TF1 et M6. L’anglais BSkyB et les allemands RTL Group et ProSieben connaissent quant à eux une légère croissance. Ces prochaines années, les revenus des grands groupes ne devraient pas croître de plus de 3 %.

 

Mutation

En Europe, il y a longtemps que le secteur se composent d’une ou plusieurs chaînes publiques historiques et d’opérateurs privés qui ont grandi au fil du temps. Depuis quelques années, le secteur subit cependant l’essor de la TV par internet, des nouvelles formes de consommation (abonnements, VOD…) et de diffusion (PC, tablette, smartphone). Une évolution qui favorise la personnalisation de l’offre, le paiement à la carte ou par abonnement. L’américain Netflix propose un choix de films et séries par abonnement. Les opérateurs télécom (Belgacom et Telenet, AT&T, BT et bientôt Vodafone) proposent leur contenu payant, notamment dans le sport. Des courants qui fragilisent les groupes dépendants de la publicité.

 

Réponses

Pour soutenir leur bénéfice, les chaînes resserrent les budgets de production, vendent des actifs peu rentables et/ou acquièrent des concurrents pour jouer la carte des économies d’échelle. Les groupes les plus à même de tirer leur épingle du jeu sont ceux qui proposent des TV payantes et sont capables de faire croître leur revenu par client. Les groupes souffrant le plus sont les chaînes généralistes et dépendantes de la publicité.

 

Peu d’opportunités

Les actions du secteur TV ont connu une très bonne année 2013. Depuis début 2014, elles évoluent en ligne avec la moyenne des grandes actions européennes. Chez nous, Roularta est même en hausse de 7 %, dopé par un retour attendu au bénéfice cette année et la montée dans son capital d’un investisseur espagnol. Mais les reculs sont sévères pour divers grands noms (RTL : -13,6 %, TF1 : -5,9 %, Mediaset :-8,3 %, ProSieben : -1 %), et sans que ces titres soient dignes d’achat… Les perspectives de croissance hors acquisitions sont faibles, vu la situation économique européenne et l’essor de la concurrence. Beaucoup d’acteurs distribuent souvent plus de 70 % de leur profit en dividendes, offrant ainsi des rendements de 5 à 7 % brut, par lesquels ils espèrent garder leurs actionnaires. Mais ces dividendes sont menacés par le besoin d’investissements, nécessaires pour affronter la concurrence.

 

 

RTL Group
Nécessité d’investir, donc dividende menacé
Vendez
Plombé par ses activités de médias imprimés
Vendez
ProSiebenSat.1
Envisage des acquisitions de faible envergure
Conservez
TF1
Souffre de la crise du marché de la publicité en France
Vendez
MetropoleTV (M6)
Le bénéfice 2014 ne connaîtra quasi pas de progression
Conservez
Mediaset
Année difficile sur le marché de la publicité en Italie
Vendez
Mediaset Espagne
Baisse des coûts et hausse de la production propre
Vendez
BSkyB
Importantes acquisitions en Italie et en Allemagne
Conservez
Se développe à petit pas dans la télévision
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A acheté DirecTV (télévision par satellite)
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