Analyse
Sicav d’actions en janvier : c'est la fête ! il y a 5 ans - mardi 14 février 2012

Après une année calamiteuse, les Bourses sont reparties à la hausse en janvier, surtout dans les pays émergents.

Le mois dernier, les Bourses ont, à l'échelle mondiale, gagné près de 6 %. Un résultat qui s'explique par le retour de l'optimisme, après la nervosité de 2011. Ceci grâce, surtout, aux Etats-Unis qui ont – une fois encore – publié de bons chiffres macroéconomiques indiquant une montée en régime toujours plus rapide du moteur économique. Grâce aussi à la Chine qui continue à afficher une belle croissance (8,9 %) et a annoncé plusieurs mesures pour encore améliorer celle-ci. La zone euro a également apporté de bonnes nouvelles. Des pays ‘difficiles’ comme l'Italie et l'Espagne ont ainsi pu se refinancer facilement sur le marché obligataire et ce, à des conditions intéressantes. Grâce aussi à la Banque centrale européenne qui a prêté plus de 489 milliards à 523 banques de la zone euro fin décembre. Les excellents résultats des sociétés, enfin, ont également apporté leur pierre à l'édifice. A l'échelle mondiale, six sociétés sur dix ont fait mieux que les prévisions (revues à la baisse) au dernier trimestre 2011.

Prudence toutefois. Si les récents développements ont provoqué un sursaut d'optimisme, tout excès d'enthousiasme est interdit. La Grèce est loin d'être tirée d'affaire, rien ne dit que le prochain et indispensable appel au marché de l'Espagne et de l'Italie rencontrera un accueil aussi favorable et personne ne sait si la croissance continuera encore longtemps à surprendre, d’autant que la récession menace l’Europe. Le tout dans un contexte où les risques géopolitiques sont loin d'avoir disparu. Le possible blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran pourrait ainsi maintenir les prix du pétrole à un niveau artificiellement élevé, et nous ne parlons pas du Soudan (menace d'arrêt de la production), du Nigeria, de la Syrie,… Or, personne n'a assurément besoin à l'heure actuelle d'une hausse de la facture énergétique.

En résumé, les excellents résultats des investissements en janvier sont certes toujours bons à prendre, mais ne constituent certainement pas un baromètre réaliste pour 2012. Restez donc sélectif dans vos choix, en utilisant nos portefeuilles comme fil conducteur.

Fête mondiale

Les sicav d'actions internationales ont gagné en moyenne 5,2 %. Aucune n'a reculé, mais les écarts de rendement ont comme toujours été importants. La palme est revenue à BNP P L1 OBAM Equity World (+ 9,1 %) grâce, surtout, à l'institution financière ING (+ 25,1 %) et au producteur de cuivre Freeport-McMoran (+ 25,3 %). JPMorgan Global Focus A (+ 7,4 %) s'est également magnifiquement comportée grâce à la raffinerie Interoil (+ 30,1 %) et à la banque américaine Citigroup (+ 15,8 %).


Les sicav d'actions internationales restent intéressantes pour l'investisseur à la recherche d'un moyen simple de diversifier son portefeuille d'actions. Vous pouvez miser dans ce cas sur la sicav susmentionnée de JPMorgan Asset Management ou sur Petercam Equities World 3F, dont la particularité est de ne pas être investie en actions financières.

USA en tête

Les Etats-Unis sont en forme. Avec une amélioration bien plus forte que prévu sur le marché du travail, le sentiment économique s'est redressé de manière spectaculaire. Le creux de l'été dernier, avec l'abaissement de la notation et les tergiversations politiques sur le relèvement du plafond de la dette, est aujourd'hui bien loin. Les Américains recommencent à consommer et tout semble indiquer que la croissance américaine devrait encore être au rendez-vous dans les prochains mois.

Les sicav d'actions américaines ont clôturé le mois de janvier sur un gain de 4 %. Une sicav comme Henderson Horizon American Equity (+ 6,7 %) a pu compter sur les bonnes performances des sociétés technologiques
Apple (+ 11,8 %) et Microsoft (+ 12,8 %).

Les sicav d’actions américaines restent très présentes dans nos portefeuilles.

 

L'économie est en forme, la banque centrale met l'accent à juste titre sur la croissance plutôt que l'inflation et Wall Street est plutôt bon marché. Notre préférence va aux sicav d'actions qui couvrent la totalité de la Bourse comme KBC Index US, SSgA US Index Equity et le tracker iShares S&P 500 (IACC sur Euronext Amsterdam).

La Belgique séduit aussi

Les sicav d'actions belges ont gagné en moyenne 5,7 %, avec des pointes à 9,4 %. Cela a été le cas pour KBC Equity Flanders, une sicav qui mise sur des actions à caractère flamand. La contre-performance de la plus grande action en portefeuille, AB InBev (- 2 %), a été largement compensée par les performances éclatantes de Bekaert (+ 25,4 %) et, surtout, KBC (+ 49 %).

Si les poids lourds AB InBev et GDF Suez (- 1,8 %), ont perdu du terrain, il en a heureusement été tout autrement avec la majorité des actions belges cotées en Bourse. La Bourse de Bruxelles est correctement évaluée à chère et n'a selon nous sa place que dans un portefeuille à très long terme. Vous pouvez miser dans ce cas sur Hermes Belgian Growth si vous n'avez pas encore d'actions belges en portefeuille. La sicav n'investit (presque) pas en actions financières.

Les télécoms deçoivent

Une seule catégorie d'actions a enregistré une perte le mois dernier. Les sicav d'actions télécoms, c'est d'elles dont il s'agit, ont ainsi perdu 1,1 %. A noter plus particulièrement ici la contre-performance de SSgA Telecommunication Index Equities (- 3 %), une sicav à gestion passive qui a pour but de suivre un indice télécoms. Aucune action du top 10 de la sicav n'a progressé. France Télécom a cédé 5,5 %, Deutsche Telekom 2,6 %, Nippon T&T 3,1 %, etc.

 

Pourquoi ce pessimisme ? Principalement en raison des communiqués de nombreuses sociétés du secteur annonçant un durcissement de la politique de dividende, des questions autour de l'endettement élevé et de la réglementation toujours plus stricte.

Ces ‘points noirs’ ne sont pas neufs et les sociétés en question font tout pour y remédier. Le rendement de dividende va certes diminuer, mais restera généreux : 5,4 %, soit le double de la moyenne des dividendes versés dans le monde. Un processus de réduction de l'endettement est également en cours. BNP P L1 Equity Europe Telecom et le tracker EasyETF Stoxx Europe 600 Telecom (SYT sur Euronext Paris) sont nos favoris dans la catégorie. Ils investissent surtout dans les grands opérateurs télécoms européens.

 

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