News

Glyphosate : encore pour 18 mois minimum

05 juillet 2016
glyphosate

05 juillet 2016
Malgré l’absence de majorité qualifiée au Conseil et l’opposition de certains États membres et de la société civile, l’Europe a décidé de prolonger de 18 mois l’autorisation de vente du glyphosate.
Le glyphosate est le principe actif de plus de 100 herbicides autorisés en Belgique. L’ingrédient, contenu en particulier dans le très répandu désherbant Roundup vendu par Monsanto, est classifié comme cancérigène probable par le Centre International de Recherche sur le Cancer. Les produits associés à cette substance peuvent également s’avérer dangereux pour la santé.

L’Europe prolonge

Après plusieurs reports de votes sur cet herbicide très controversé, la Commission a finalement tranché ce 28 juin en prolongeant de 18 mois l’autorisation de vente du glyphosate. Ce délai devrait permettre à l’ECHA, l’Agence européenne des produits chimiques, de terminer son évaluation sur la dangerosité de cette substance. L’agence devrait procéder au classement de cette substance (cancérigène ou non), mais pas avant 2017. 
Au départ, on parlait d’un renouvellement de l’autorisation de vente de 15 ans, mais face à l’opposition de certains États et ONG, celle-ci a été raccourcie à 18 mois. 

Bruxelles et la Wallonie disent stop

Le 14 avril, la Région Bruxelloise a interdit l'utilisation de produits contenant du glyphosate. A partir de cet été, les herbicides ne peuvent donc plus être employés dans les parcs et les jardins à Bruxelles. Le gouvernement bruxellois considère en effet qu’il existe assez de résultats préoccupants qui justifient une interdiction.
Paradoxalement, la vente de ces produits est, elle, toujours autorisée. Celle-ci relève en effet des compétences fédérales et n’est donc pas du ressort de la Région. Acheter oui, utiliser non. Un vrai casse-tête. 

En Région wallonne, un projet de décret permettant au gouvernement wallon de limiter l'utilisation de tout produit phytosanitaire (qui concerne les soins à donner aux végétaux) a été approuvé la semaine passée. Le ministre wallon de l'Environnement veut notamment interdire l'utilisation du glyphosate à proximité de nappes d'eau et de noyaux d'habitats.  

Principe de précaution

Comme bon nombre de citoyens et d’ONG, nous nous sommes mobilisés contre le renouvellement de la licence en plaidant pour la mise en œuvre du principe de précaution. C’est pourquoi, en collaboration avec le Bond Beter Milieu et Greenpeace, nous avions fait passer le message à nos ministres fédéraux, dans l’espoir que notre pays adopte cette position au niveau européen. Malheureusement, le gouvernement fédéral n’a pas été sensible à nos arguments. Mais nous n’avons pas dit notre dernier mot.