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Interdiction du glyphosate: l'Europe reporte sa décision, alors qu'il faut agir vite

25 octobre 2017
cancer pesticides

25 octobre 2017
Ce mercredi, les Etats de l'UE n'ont pas pu s'entendre sur la prolongation de la licence accordée au glyphosate. Partie remise donc. De notre côté, nous continuons à plaider pour que le processus d'interdiction soit accéléré.

Le glyphosate, surtout connu comme principe actif du Roundup de Monsanto, est un herbicide puissant. C'est aussi l'herbicide le plus utilisé au monde: 826.000 tonnes épandues en 2014!

Des inflexions, mais pas de décision

La licence d'exploitation du glyphosate arrivant à échéance le 15 décembre, l'Europe doit se prononcer sur sa prolongation. Le Parlement plaidait pour un terme de 5 ans, une position qu'a finalement rallié notre ministre fédéral de l'Agriculture, Denis Ducarme. La Commission, elle, prônait un délai de sortie de 5 à 7 ans (10 ans initialement). Ce mercredi, les Etats membres devaient trancher. Ce ne fut pas possible. Le vote est donc reporté, sans doute au 6 novembre.

Pourquoi le glyphosate fait-il tant débat? L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré, par l'intermédiaire de son organisme scientifique le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer), cet herbicide "cancérogène probable". Mais il y a controverse scientifique sur le sujet, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) concluant elle à une dangerosité "improbable".

Rappelons ici quelques données du débat mises en exergue dans notre courrier adressé au ministre Ducarme:

  • Contrairement à l'agence européenne Efsa, l'OMS s'est uniquement basée sur la littérature scientifique indépendante. Et elle a analysé les données scientifiques sur l’exposition à la formulation complète du Roundup. Donc, pas uniquement à son principe actif, le glyphosate.
  • 96 scientifiques de renommée mondiale considèrent que les conclusions présentées par les agences européennes (Efsa et Echa) sont « frauduleuses d’un point de vue scientifique » parce qu’elles ont utilisé des procédures inadaptées et ignoré des preuves scientifiques capitales. De plus, il a été prouvé que l'Efsa a copié/collé une centaine de pages provenant d'un rapport de Monsanto.
  • Monsanto a influencé des études et des scientifiques afin qu’ils rédigent des études positives sur cette substance. 

Il faut accélérer le processus d'interdiction

En vertu du principe de précaution, nous continuons à plaider pour une interdiction immédiate du glyphosate pour les usages non agricoles. Notons à ce sujet que l'usage de glyphosate est déjà interdit au niveau des trois Régions du pays, mais que sa commercialisation est toujours permise par le gouvernement fédéral.

C'est d'autant plus désolant que des alternatives écologiques pour combattre les mauvaises herbes existent: couteau émousseur, sarcloir, désherbeur thermique, eau de cuisson bouillante des pommes de terre et des pâtes, purin d'orties, produits à base d'acide pélargonique…

Un autre modèle agricole

Pour ce qui est des usages agricoles, nous recommandons que cette substance soit encore disponible pendant une période de maximum trois ans, le temps pour les agriculteurs de se familiariser avec les alternatives écoresponsables. Cette recherche de solutions alternatives doit d'ailleurs être accélérée. Car la problématique du glyphosate s'inscrit dans une autre, beaucoup plus large, celle d'un certain modèle agricole et de sa nécessaire révision.

Enfin, nous souhaitons que des études épidémiologiques approfondies soient menées pour déterminer l'impact du glyphosate sur les groupes vulnérables tels qu'enfants, femmes enceintes ou qui allaitent et agriculteurs.