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Glyphosate: optez pour des alternatives!

20 mars 2017
Stop Cancer

20 mars 2017
La récente décision de l’Agence européenne des produits chimiques blanchit  le glyphosate mais ne clôt pas le débat. Au nom du principe de précaution, nous vous recommandons de ne plus utiliser ces produits et de choisir plutôt des alternatives moins nocives pour la santé et l’environnement.

En matière de dangerosité du glyphosate – substance active notamment du fameux herbicide de Monsanto, le Round-up – les avis se suivent et ne se ressemblent pas nécessairement. En mars 2015, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) dépendant de l'OMS avait classé le glyphosate comme substance "probablement" cancérigène. Sept mois plus tard, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), qui dépend de l'Union européenne, concluait à l'absence de danger pour l'homme et l’ECHA, l’Agence européenne des produits chimiques, vient de lui emboîter le pas, sauf mise en garde des utilisateurs contre les dommages aux yeux. 
On attend désormais la décision définitive de la Commission européenne.

Pourquoi ces divergences? Quels risques?

C’est peu de dire que les avis européens ne rassurent pas pleinement quant à l’innocuité du glyphosate, toujours soupçonné, sur la base d’autres études scientifiques, de perturber le système endocrinien et d’être cancérogène pour l’homme. Ces divergences de vues peuvent s’expliquer par l’importance accordée ou non à certains adjuvants chimiques associés au glyphosate dans les formulations commerciales pour en augmenter l’efficacité mais, incidemment, aussi la génotoxicité. Des associations environnementales pointent encore le manque de transparence des organismes européens quant à certaines études prises en compte, voire doutent de l’indépendance de quelques experts jugés trop proches de l’industrie chimique.

Mieux vaut s’en passer!

On retrouve le glyphosate dans le fameux Roundup couramment utilisé par les particuliers dès l’approche du printemps.  Mais il est aussi utilisé dans plus de 750 produits destinés aux agriculteurs et aux particuliers comme les herbicides Panic d’Edialux, Prop’sol de Compo ou Glyfos d’Aveve.
Si les avis divergent quant à la toxicité pour l’homme, celle-ci est en revanche confirmée par l'Agence européenne en ce qui concerne les organismes aquatiques des eaux de surface. 
Dans tous les cas, nous vous recommandons donc de ne plus utiliser ces produits mais de choisir plutôt des alternatives moins nocives pour la santé et l’environnement.

Quelles alternatives?

Pour combattre les mauvaises herbes, voici ce que vous pouvez utiliser :

  • le vinaigre blanc (ou un produit à base d’acide acétique),
  • des produits à base d’acide pélargonique (géraniums),
  • des produits à base d’huiles essentielles de basilic et de citrus,
  • l’amidon de l’eau de cuisson des pommes de terre ou des pâtes
  • des produits écologiques à base d’huile de colza et d’huile de coton
  • le purin d’orties. 

L’arrachage des mauvaises herbes à l’aide d’outils manuels comme une binette ou un sarcloir est la meilleure solution à proximité d’un égout. L’utilisation d’un désherbeur thermique peut également vous faciliter la vie. Le paillage des plants de légumes avec de la paille ou du lin est aussi une bonne solution préventive. 

Suivez également  les conseils pratiques en vidéo du jardinier Luc Noël.

Des réglementations pour éviter les risques de pollution 

Sachez que la législation belge interdit formellement l’utilisation de produits chimiques synthétiques  (comme le Round up) mais aussi de produits dits écologiques sur des surfaces recouvertes non perméables (descente de garages, terrasses, trottoirs, etc)  à cause du risque de pollution des eaux de surface (ruissellement du produit vers les égouts, les rivières, les étangs, etc).
 
En Région wallonne, un décret permet désormais au gouvernement wallon de limiter l'utilisation de tout produit phytopharmaceutique (protection des plantes contre les organismes nuisibles ou lutte contre les mauvaises herbes). Le Ministre wallon de l'Environnement s’apprête ainsi  à interdire l'utilisation du glyphosate par un public non formé.
Par ailleurs, depuis le mois d’avril, la Région bruxelloise a interdit l'utilisation de produits contenant du glyphosate par les particuliers. 

La Région flamande s’aligne pour l’instant sur la décision européenne de ne pas interdire l’utilisation du glyphosate. 

Ces produits sont toutefois toujours autorisés à la vente car cette compétence dépend du Ministre fédéral de l’agriculture, Willy Borsus qui a décidé de suivre, lui aussi, les décisions prises par l’Europe.

Par ailleurs, nous continuons à faire pression sur les tous les échelons de pouvoirs belges et européen, pour durcir les réglementations dans le respect du principe de précaution.


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