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L'entrée en vigueur du tarif prosumer retardée de 4 mois en Wallonie

09 décembre 2019

Le gouvernement wallon voulait reporter à 2025 l’application du tarif prosumer. Mais le régulateur de l'énergie, la CWaPE, ne l’a pas entendu de cette oreille. En principe, les détenteurs de panneaux solaires devaient passer à la caisse dès janvier 2020 pour l’utilisation du réseau.  Avant qu'un enième rebondissement ne survienne. Quand cessera-t-on de tourner les prosumers en bourrique?

Avant les élections du 26 mai, le gouvernement wallon voulait exempter les propriétaires d’installations existantes du tarif prosumer. Après les élections, un report de 5 ans a été proposé. Aujourd’hui, suite à un énième rebondissement, nous apprenons que l’entrée en vigueur prévue en début janvier 2020 du tarif prosumer serait retardée de 4 mois. Il fait peu de doutes que les propriétaires de panneaux solaires finiront par payer leur utilisation du réseau électrique. Quant aux modalités effectives, le flou continue de régner.

Il n’est certes pas évident de trouver un juste équilibre entre, d’une part, les propriétaires de panneaux solaires qui bénéficiaient – comme promis - de l’usage gratuit du réseau et, d’autre part, les consommateurs ne disposant pas de panneaux solaires qui ont, eux, toujours payé le prix fort pour cette utilisation. 

Il n’est pas plus correct de faire peser toutes les charges sur les mêmes épaules que de revenir sur ses promesses. 

L'incertitude crée la méfiance

Même s'il est compréhensible que les propriétaires de panneaux solaires paient un jour pour l'utilisation du réseau électrique, nous regrettons les épisodes à multiples rebondissements de cette saga. 
La querelle entre régulateur et gouvernement laisse planer l’incertitude chez les consommateurs. Cette évolution constante des règles applicables aux installations existantes nuit à la confiance des consommateurs en matière d’investissement dans le photovoltaïque. 

Pourtant, les panneaux solaires constituent une pièce essentielle du puzzle nous permettant d’atteindre nos objectifs climatiques. Ceux qui ont installé des panneaux solaires ont calculé leur temps de retour sur investissement en fonction des règles en vigueur à l'époque. 
Un calcul désormais remis en cause par l’introduction du tarif prosumer pour toutes les installations. 

Combien paierez-vous en tant que prosumer?

Le tarif prosumer pourra être en principe comptabilisé de 2 manières, selon le type de compteur dont vous disposez. Pour la plupart des consommateurs, titulaires d’un compteur analogique classique, le nouveau tarif sera facturé en fonction de la capacité de l'installation photovoltaïque. Pour une installation de 4 kWc, le montant varie entre 267€ et 395€ par an, selon l’endroit où vous habitez.

Quiconque possède un compteur dit bidirectionnel (on peut en demander à son gestionnaire de réseau pour 150€ HTVA), qui enregistre le prélèvement et l'injection d'électricité séparément, pourra choisir de payer en fonction de l'énergie réellement retirée du réseau lorsque les panneaux solaires ne produisent rien ou trop peu. Pour atténuer la facture, il faudra alors privilégier le plus possible l’auto-consommation, c’est-à-dire consommer au maximum l’électricité quand les panneaux en produisent. Dans le cadre de la deuxième option, on vous garantit de ne jamais payer plus qu'avec le tarif prosumer basé sur la capacité de votre installation.

Les panneaux solaires restent intéressants

Malgré l’introduction du tarif prosumer, il reste intéressant d’investir dans les panneaux solaires compte tenu du coût plus bas des installations elles-mêmes. 
Au prix de 1500€/kWc, le retour financier d’une installation en Wallonie – à condition d’être bien orientée - peut atteindre plus de 5,5% sur 20 ans. Dans des circonstances moins favorables, ce pourcentage peut être de 3 ou 4%.

Vous pouvez donc compter sur un temps de retour de 8 à 12 ans en Wallonie. En Flandre, le tarif prosumer est introduit depuis un certain temps et les chiffres sont comparables.

Pour une déclaration officielle du "cadre photovoltaïque "

Depuis 2011, de multiples mesures ont été annoncées impactant plus ou moins fortement le bénéficie des installations photovoltaïques. Certaines ont été ou seront appliquées, d'autres pas. Aucun cadre clair et stable n'a encore été mis en place, dans aucune région.  

Nous plaidons pour que les nouveaux propriétaires reçoivent un document formel énonçant le cadre dans lequel leur installation se trouve. Ils seraient ainsi informés dès le départ et officiellement des conditions portant sur leur installation, avec une mise au clair de ce qui est épargné et de ce qui doit être payé.  Les options, par exemple la pose d'un compteur bidirectionnel, seraient décrites ainsi que leur impact sur les flux financiers. Le même document énoncerait la durée garantie de chaque mesure, avec la référence au texte de loi ou règlement correspondant, et décrirait les changements possibles au-delà de leur durée garantie.  

Etant donné l'incertitude régnante, un document similaire devrait être envoyé aux propriétaires d'installations existantes, faisant le point sur leur situation et ce à quoi ils doivent s'attendre. 
En tout état de cause, nous appelons les gouvernements et régulateurs à stopper les changements incessants, à respecter la parole donnée et à se conformer aux accords passés.