Communiqué

Test de pesticides de Test Achats tous les enfants exposés

19 septembre 2019

Au printemps 2019,  Test Achats a fait analyser les urines de 84 enfants âgés de 2 à 15 ans, originaires de toutes les régions du pays. L’organisation y a recherché les marqueurs révélant une exposition récente à 2 familles d’insecticides en particulier. Chez tous les enfants, sans aucune exception, des traces ont été décelées. Or, pour certaines substances, susceptibles de perturber les systèmes endocrinien et reproducteur, aucune dose n’est totalement exempte de risque. Test Achats appelle les autorités belge et européenne à prendre les mesures qui s’imposent pour réduire l’exposition du public – et des enfants en particulier – aux insecticides.

Des insecticides pas innocents pour la santé humaine

Test Achats a décidé de cibler les insecticides pyréthrinoïdes et organophosphorés dans son test, vu qu’ils figurent parmi les pesticides les plus couramment utilisés. On y recourt en agriculture, en horticulture, dans l’industrie et chez soi pour lutter contre une grande variété d’insectes. L’ampleur de leur usage et leur dissémination font que - par ingestion, inhalation ou contact cutané - nous y sommes tous exposés.

Les études épidémiologiques lient de plus en plus souvent l’exposition aux pesticides à des effets sanitaires graves tels que cancers, troubles neurologiques, atteintes aux fonctions reproductrices. Epinglant le caractère neurotoxique de ces insecticides, des chercheurs évoquent leur possible contribution au développement de maladies neurodégénératives, comme celles de Parkinson et d’Alzheimer. Certains insecticides sont également reconnus ou suspectés d’être des perturbateurs endocriniens, susceptibles de favoriser l’apparition de problèmes hormonaux entraînant hypofertilité masculine, puberté précoce chez les filles, cancers du sein, de la prostate, du rein ou des testicules. Des perturbations de la fonction thyroïdienne et des troubles métaboliques pouvant mener au diabète type 2 et à l’obésité sont également citées ainsi que des pathologies du spectre autistique.

Les enfants plus fragiles

Le principe de toxicologie selon lequel "c’est la dose qui fait le poison" ne s’applique pas aux perturbateurs endocriniens. Les scientifiques soutiennent aujourd’hui qu’il n’existe pas de seuil en deçà duquel tout risque de toxicité est exclu. C’est davantage la période d’exposition qui importe. L’immaturité des systèmes physiologiques des enfants, leur stade de développement rapide lors de l’exposition aux pesticides, la quantité plus élevée de nourriture et d’eau rapportée à leur poids, ou encore leur comportement main-bouche augmentant leur exposition les rendent plus vulnérables aux effets potentiels des insecticides.

100 % des enfants testés, exposés

Dans l’organisme, les pesticides se transforment en différents métabolites (produits de dégradation) qui sont ensuite excrétés dans l’urine. Ce sont ces marqueurs – 4 pour les insecticides pyréthrinoïdes et 6 pour les insecticides organophosphorés – que Test Achats a recherchés dans l’urine de 84 enfants afin d’évaluer leur exposition à une trentaine de pesticides.  Il en ressort que les enfants ayant participé à l’étude ont tous été exposés, peu avant les prélèvements, à au moins 1 insecticide organophosphoré, et 83 sur les 84 enfants à au moins 1 insecticide pyréthrinoïde.

Il n’existe aucune norme légale qui fixe des concentrations urinaires à ne pas dépasser pour ces pesticides. Il n’est pas possible de prédire si les concentrations détectées dans les urines auront ou non des effets néfastes sur la santé des enfants. Le lien avec une quelconque maladie est d’autant plus difficile à établir que les enfants sont confrontés quotidiennement à de nombreuses substances chimiques, autres que les insecticides, qui peuvent, elles aussi, avoir des effets toxiques.

Des mesures s’imposent

Pour Test Achats, il est urgent d’agir, à tous niveaux, pour éviter au maximum l’exposition du public à ces substances toxiques que sont la plupart des pesticides de synthèse. Cela vaut pour tous,  mais en particulier pour les enfants. Pour l'organisation de consommateurs, il faut réduire l'utilisation tant professionnelle que domestique de ces pesticides.

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