News

Energie en période de crise du coronavirus: Test Achats défend les consommateurs à la Chambre

29 avril 2020

Notre organisation a été consultée aujourd'hui par la Commission Energie et Climat de la Chambre des Représentants.  Le thème était l’impact de la crise actuelle du coronavirus sur la politique énergétique.  L’occasion pour nous de mettre en avant un certain nombre de points auprès des parlementaires. 
 

Le fait que la facture énergétique en cette période de crise reste un thème important se reflète dans le nombre de questions que nous recevons à ce propos. Sur plus de 10.000 contacts téléphoniques ou par mail en rapport avec la crise du corona, entre le 14 mars et le 24 avril, environ 24% concernent l’énergie.  Après les voyages et le temps libre, il s’agit de la source la plus importante de soucis.

Complexité de la facture énergétique 

Pour beaucoup de ménages, la facture d'énergie ressemble souvent à un fouillis impénétrable.  Les consommateurs se posent aussi des questions sur les tarifs actuels et recherchent le contrat le plus intéressant.  La complexité et la diversité de l’offre rendent la comparaison difficile. Il s’agit en effet de tenir compte de plusieurs éléments:  le choix entre tarif fixe ou variable, la hauteur de la redevance fixe et la façon dont elle est facturée – intégralement sur base annuelle ou au prorata en fonction du nombre de mois – les promotions de bienvenue qui sont souvent soumises à conditions, les durées différentes des contrats, etc. 

Cette complexité suscite de nombreuses questions et oppose à certains ménages une barrière les empêchant de comparer les contrats de gaz et d’électricité.  Et donc de changer, avec économies à la clé.

Potentiel d’économie pas suffisamment mis à profit

La consommation totale d’électricité a baissé de façon substantielle depuis le début de la crise, en raison du ralentissement de l’économie.  Mais pour les familles, elle a augmenté, et il en est de même pour le chauffage.  La situation de confinement en est bien sûr la cause: pour la plupart, nous restons à la maison à télétravailler, nous occuper des enfants, ...  L’effet ne sera pas visible sur les factures intermédiaires mais bien sur la facture de clôture annuelle.   

L’augmentation de la consommation est compensée par la chute des prix de l’énergie.  Comparer et changer de contrat en vaut la peine: d’après des chiffres de la CREG, le régulateur fédéral de l’électricité et du gaz, 638 000 familles belges ont encore un ancien contrat, très cher et qui n’apparaît plus dans les comparateurs tarifaires. Ce sont des contrats qui ont été prolongés tacitement durant de nombreuses années.  Dans les cas les plus extrêmes, en choisissant maintenant le contrat le plus avantageux, les familles pourraient annuellement économiser jusque 450€ pour l’électricité et jusque 900€ pour le gaz. Pour le gaz et l’électricité ensemble, l’économie moyenne atteint 300 à 400€.  
Nous conseillons donc à chacun d'utiliser notre comparateur des tarifs de gaz et électricité.

Vers notre comparateur

Pour celui qui veut éviter les démarches liées au changement de fournisseur, nous conseillons d’aller jeter un oeil sur notre plateforme Gaele

Vers Gaele

Mesures de soutien contre la précarité énergétique  

Nous insistons pour que des mesures soient prises afin de soutenir les familles qui rencontrent des difficultés de paiement. Fin 2019, donc avant la crise actuelle, la CREG avait déjà constaté qu’au moins 400.000 familles belges vivaient en état de précarité énergétique et que la place de la facture d’énergie dans le budget du ménage était particulièrement importante pour les personnes isolées, les familles monoparentales et les faibles revenus. 

Dans le contexte actuel et considérant l’impact sur la situation financière de beaucoup de familles, cette précarité énergétique se fera encore plus présente. L’une des mesures de soutien pourrait être l’élargissement du tarif social à davantage de personnes, celles qui connaissent des difficultés financières en raison de la crise. Aujourd’hui, le droit au tarif social dépend du statut du consommateur et non de son niveau de revenu, ce qui n’offre donc pas de garantie que les familles en précarité énergétique puissent en bénéficier. De plus, il faut absolument éviter que des consommateurs soient abandonnés par leur fournisseur en raison de difficultés de paiement liées à la crise.