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Tarification progressive de l’électricité wallonne

19 mars 2013
tarification progressive

19 mars 2013

Le ministre wallon de l’énergie adopte un nouveau modèle de tarification de l’électricité, qui veut que plus on consomme, plus le prix par kWh est élevé.

En instaurant un prix par kWh, progressif par tranche de consommation, le Gouvernement wallon espère neutraliser l’impact de la redevance fixe qui peut parfois représenter 10 à 20 % de la facture totale pour une petite consommation (1200 kWh/an). Mais il s’agit aussi d’inciter les ménages à adapter leurs habitudes afin de réduire leur consommation, voire à remplacer leurs appareils électriques les plus anciens par de nouveaux, moins énergivores. Les détails doivent encore être fixés mais voici déjà les grandes lignes de la réforme.

Le principe

Une OSP (Obligation de Service Public) sera imposée aux gestionnaires de réseau de distribution (AIESH, Gaselwest, IDEG, Interest, IEH, Interlux, Intermosane, PBE, Sedilec, Simogel, Tecto Resa, Régie de Wavre). Elle consistera à verser annuellement à chaque ménage une allocation correspondant au prix d’un certain nombre de kWh (les fameux kWh « gratuits » !). Cette allocation pourra être majorée pour les familles nombreuses et monoparentales, ainsi que pour les bénéficiaires du tarif social. Qui dit bénéfices pour les uns, dit charges pour les autres. Celles-ci, supportées par les gestionnaires de réseau, devront être compensées par un prix plus élevé par kWh facturé à partir d’une certaine tranche de consommation. En d’autres termes, les gros consommateurs financeront l’avantage octroyé aux petits et moyens consommateurs et, souvent, aux ménages précarisés.

Les bénéficiaires

Pas loin de 3 ménages sur 4 devraient être bénéficiaires du système. Si l’on sait que les consommateurs se chauffant à l’électricité seront tenus à l’écart pour ne pas être pénalisés à cause de leur forte consommation, les charges reposeront sur 20 % des ménages.

La difficulté d’un tarif progessif réside dans la définition des tranches de consommation. Le Gouvernement wallon a fixé une première tranche à 5500 kWh/an et une seconde à 8000 kWh/an. Ces limites permettront d’épargner notamment les ménages qui utilisent un boiler électrique pour chauffer leur eau. Mais elles font partie des balises qui peuvent encore évoluer dans les jours qui vont suivre.

Pour l’électricité, pas pour le gaz

La tarification progressive ne concerne pas le gaz. En effet, confrontés à un tel système tarifaire, de gros consommateurs de gaz pourraient se tourner vers le mazout de chauffage : pas idéal d’un point de vue environnemental !

Ce que nous en pensons

Nous ne sommes pas opposés au principe, à partir du moment où les tranches de consommation ont été correctement définies, où tous les incitants et primes ont été mis en place pour permettre aux consommateurs d’opter pour des appareils électriques moins énergivores, et à condition que chaque ménage puisse disposer d’une information claire et objective sur les moyens de limiter sa consommation d’énergie.

Le Gouvernement, aidé dans sa décision par la CWAPE, le régulateur wallon de l’énergie, admet qu’il ne s’agit pas d’une mesure socialement ciblée. En effet, les ménages précarisés ont souvent une consommation moindre, mais ce n’est pas toujours le cas. Des mesures d’accompagnement devront alors être mises en place. Par ailleurs, ce sont souvent les ménages les plus aisés et les mieux informés qui peuvent le plus facilement investir dans des appareils moins énergivores et entrer dans la logique d’une utilisation rationnelle de l’énergie.


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