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Electricité: nouvelle tension autour du nucléaire

19 novembre 2020
Sortie nucléaire

La sortie du nucléaire semble confirmée mais force est de constater que rien n’est prêt pour sa succession. Sans ou avec (provisoirement un peu) de nucléaire, deux choses importent pour nous: la transparence totale sur le financement de la transition énergétique, sans report sur la facture d’électricité, et la préservation du pouvoir d’achat des ménages.

Le gouvernement actuel a confirmé le calendrier de sortie du nucléaire.  D’ici 2025, les 7 réacteurs que compte notre pays devraient être fermés sauf s’il devait y avoir menace sur la sécurité d’approvisionnement.  Dans ce cas, après évaluation en novembre 2021, la vie de 2 réacteurs maximum pourrait être prolongée.

Une situation sous tension

Le scénario, sur papier, entendez, dans la note de formation du gouvernement, paraît tenir la route... Sauf qu’Engie, face à l’incertitude de l’échéance de 2021 et guidé par les obligations de rentabilité, vient d’annoncer sa décision de se préparer à une fermeture définitive de ses réacteurs et annule dans la foulée ses projets et investissements en rapport avec la prolongation des réacteurs les plus récents,  Doel 4 et Tihange 3. Radical, mais en même temps, Engie ne semble pas fermer totalement la porte à une prolongation... Sans parler de chantage, c’est certainement un nouveau bras de fer qui s’engage entre l’énergéticien et le gouvernement. 

En 2015 déjà, le gouvernement de l’époque avait décidé, après maintes péripéties, de prolonger la durée de vie de 2 réacteurs (Doel 1 et 2, mis en service en 1975), nécessitant du même coup un plan d’action de plusieurs centaines de millions d’euros de la part d’Engie/Electrabel, que l’énergéticien consentait “à condition que le cadre juridique reste stable”.

Un regard vers le passé nour rappelle pourtant que la loi de sortie du nucléaire date de 2003.  Depuis lors, à maintes reprises, nous avons dénoncé le fait que rien n’ait été fait pour préparer cette sortie, faute de réelle volonté politique et de manque de vue à long terme.  Nous avons régulièrement assisté à un bras de fer entre Electrabel (à l’époque) et le(s) gouvernement(s) successifs, où les principes de rentabilité d’un côté se heurtaient à la sécurité d’approvisionnement à assurer coûte que coûte de l’autre. 

Aujourd’hui, le calendrier de sortie du nucléaire est donc confirmé, et ce n’est pas une mince affaire, puisque l’atome couvre encore environ 50 % de nos besoins en électricité.

Cette volonté de sortie affichée par le gouvernement constitue un signal positif, attendu de longue date (nous le réclamons depuis plus de 10 ans) et nécessaire à la transition énergétique. Mais force est de constater que rien n’est prêt : le mécanisme de rémunération de capacité destiné à subventionner les centrales au gaz, non rentables sans cela, doit encore recevoir l’aval de la Commission européenne, qui y voit une aide d’Etat.  Et une fois cet aval obtenu, il resterait 5 ans pour construire les centrales... à utiliser le moins souvent possible si la Belgique veut respecter ses engagements en terme d’émissions de CO2. L’équation est complexe...

A quel coût pour les ménages?

Deux éléments sont à considérer : le coût des subventions et l’impact sur les prix de marché.   

Le coût des subventions des centrales au gaz n’est pas connu avec précision mais les études les plus pessimistes indiquaient un impact sur la facture d’une centaine d’euros par an durant 15 ans.  Mais depuis, le gouvernement s’est engagé à diminuer proportionnellement la partie fédérale de la facture.  Très bien, mais les moyens à mettre en oeuvre pour rendre l’opération neutre sur la facture ne sont pas connus non plus.  Et la marge semble d’ailleurs limitée, tant la partie fédérale de la facture d’électricité est faible.
Quant à l’impact sur les prix de marché, selon les scénarii envisagés, sans ou avec prolongation du nucléaire, entre 3 et 5 centrales au gaz devraient être construites.  D’après certains experts, la différence de coûts entre ces deux options  serait minime : l’impact serait réduit sur les prix de gros et donc, sur la facture du consommateur.  

Chère facture belge...

Rappelons que l’énergie ne constitue qu’un quart de la facture d’électricité.  Le reste, ce sont des coûts de réseaux, cotisations et taxes.  Et si la facture du consommateur ne cesse d’augmenter, ce n’est pas à cause de la composante énergie.  Jugez plutôt : depuis 2007, la facture totale des ménages a augmenté de 66 % mais seulement d’environ 20 % pour la composante énergie !  Résultat : la facture belge est une des plus chères d’Europe, après l’Allemagne et le Danemark. Il est grand temps de l'alléger et vous avez votre mot à dire la-dessus.  

Vers notre sondage

Si un financement de la transition énergétique doit avoir lieu, sans ou avec (provisoirement un peu) de nucléaire, il doit s’effectuer de façon transparente, en marge de la facture d’électricité.  Et en préservant le pouvoir d’achat des ménages, volonté clairement affichée dans le chapitre “maîtrise de la facture énergétique” de la note de formation du gouvernement.

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