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Nos résultats de tests autos solides comme du béton

15 janvier 2016
résultats des tests

15 janvier 2016

Le secteur automobile qui, par le biais de son représentant en Belgique, accuse Test-Achats de tromperie, cela ferait  sourire si les allégations n’étaient pas particulièrement infondées et outrageantes. Nous clarifions ici le débat.

Le pied droit du conducteur: la seule explication?

La Fédération  Belge de l’Automobile et du Cycle, la FEBIAC, nous accuse de tromper les consommateurs en leur annonçant la consommation réelle de leur véhicule alors que celle-ci dépendrait principalement du pied droit du conducteur, c'est-à-dire, de son comportement au volant. Nous n'avons jamais nié l'importance cruciale de ce facteur, et nous renvoyons d'ailleurs à notre dossier “éco conduite” permettant d'économiser jusqu'à 30 %de carburant en adoptant un certain mode de conduite. Il ne semble pas utile de revenir sur une telle évidence.

Le problème ailleurs

Le problème n’est évidemment pas là. Il se situe d'une part, au niveau du protocole de tests utilisés, et d'autre part, de la manière dont ce protocole est utilisé par les constructeurs automobiles.
Nous avons utilisé le même protocole de tests que les fabricants, l'obsolète NEDC, mais contrairement à eux, nous n’avons pas utilisé tous les trucs et astuces qui n'étaient pas expressément interdits par ce dernier (pneus surgonflés, alternateur débranché, allégement de la voiture, … etc). La voiture se trouvait dans les mêmes conditions que lorsque le conducteur s'y installe pour se rendre au travail. Et nous avons ensuite complété ce test par un autre, qui devrait entrer en vigueur en 2017, du moins on l'espère,  le WLTP (World Light Vehicle Test Procedures) ainsi que par un test qui simule des conditions d'autoroute.  

La combinaison de ces trois tests permet une mesure se rapprochant le plus possible des conditions de conduite réelle et il en ressort des chiffres objectifs.  Ces chiffres ne sont d'ailleurs pas nouveaux: les tests ont commencé en 2012 et nous tirons depuis la sonnette d'alarme, soit bien avant le scandale du dieselgate.

L'exemple italien

A noter qu’en Italie, l'organisation soeur de Test-Achats (Altroconsumo) a refait le même test que les fabricants avec tous les trucs et astuces non expressément interdits par la loi, et donc, selon la FEBIAC, autorisés.  Même dans ce cas, les chiffres de consommation promis par les constructeurs automobiles ne correspondaient pas à ce qui avait été mesuré.

Lobby puissant des constructeurs automobiles

La fédération du secteur automobile affirme que seules des instances indépendantes contrôlent le respect des protocoles de test. En réalité, non seulement le constructeur choisit lui-même le laboratoire mais il le rémunère également. Comment espérer des chiffres objectifs dans ce contexte? 
Des contrôles par des organisations gouvernementales ont bien lieux mais de manière aléatoire.

Par ailleurs, la FEBIAC sait pertinemment, lorsqu'elle affirme que les constructeurs auto ne font qu'utiliser les procédés que la loi autorise, que celle-ci n'autorise pas expressément à alléger la voiture de 100 kg, mais qu'elle ne l'interdit malheureusement pas. 

La FEBIAC allègue encore que les constructeurs ne s'opposeraient pas à l'introduction rapide d'un test nouveau et meilleur. Pourquoi le protocole WLPTP est-il alors à l'agenda de la Commission européenne depuis 2007? Les dirigeants européens manquent clairement de courage politique et ne sont pas insensibles au 'charme' de l'industrie automobile.

Selon une communication du mois d'octobre 2015 de Transparancy International, une organisation qui observe le travail de lobby à Bruxelles, 198 lobbyistes sont actifs à Bruxelles pour le lobby automobile. Il faut y ajouter les nombreuses personnes pratiquant un lobby officieux en faveur de ce même secteur. Si l'industrie automobile souhaitait réellement l'entrée en vigueur de ce nouveau protocole de tests, cela ferait belle lurette que le WLTP serait une réalité. Mais le secteur sait mieux que personne que maintenir le statu quo du NEDC lui est favorable.  

Il semble qu'on ne puisse malheureusement pas attendre de comportement éthique la part de ce secteur.