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Des concentrations de particules fines, dont le carbone suie, à éviter

25 novembre 2015
particules fines

25 novembre 2015

Un cycliste inhale forcément du carbone suie dans la circulation. Nos mesures effectuées dans les villes d’Anvers, de Bruxelles et de Liège démontrent des concentrations plus élevées à certains endroits. Nous plaidons pour l’instauration de valeurs-limites spécifiques pour le carbone suie particulièrement nocif.

L’OMS considère le carbone suie comme le meilleur indicateur de la pollution liée au trafic. Il fait partie des fameuses particules fines de 2,5 microns – les plus nocives pour la santé – que nous respirons tous les jours. Nous savons qu’à la longue, leur inhalation peut entraîner des maladies respiratoires chroniques, une diminution de la fonction respiratoire, des inflammations pulmonaires, des maladies cardiovasculaires, voire un cancer du poumon. 

Chez l’enfant, elle peuvent entraver le développement des poumons et multiplier les cas de bronchite, de toux chronique et d’asthme. 
On estime ces particules responsables d’environ 10 000 décès prématurés par an en Belgique. 

Des concentrations plus élevées dans les canyons urbains

Nous avons voulu savoir quelle quantité de carbone suie peut inhalé un groupe particulièrement exposé comme les cyclistes plongés dans une circulation urbaine dense. 
Pour cela, nos cyclistes-testeurs ont utilisé un appareil de mesure et effectué un parcours de 10 kilomètres, à vingt reprises, en heures de pointe, à travers Anvers, Bruxelles et Liège.

Il ressort des mesures que les pics de concentration sont enregistrés dans les "canyons urbains", ces rues bordées de hauts immeubles où les particules restent en quelque sorte captives. C’est également le cas dans les tunnels et sous les longs ponts. 

La pollution est la plus importante aux endroits où il faut zigzaguer entre les voitures. Les feux et les dispositifs ralentisseurs exposent les cyclistes à une dose accrue de particules fines parce qu’ils obligent les véhicules à ralentir avant de réaccélérer.

Nos conseils aux cyclistes

On note déjà une nette amélioration lorsque le cycliste peut rouler sur une piste cyclable séparée ou emprunter un sens unique à contre-sens lorsque c’est permis. 

La concentration de suie chute de façon spectaculaire lorsque la piste cyclable est séparée de la chaussée par une bande de stationnement ou un accotement. 

Nous recommandons donc aux cyclistes de choisir non pas l’itinéraire le plus court, mais le plus propre. Soit rester le plus possible à l’écart du trafic et des axes fréquentés bordés de hauts immeubles. Si l’on s’éloigne de ces sources polluantes, les bienfaits du vélo en ville restent supérieurs aux désagréments. 

Une valeur limite pour le carbone suie

Bien que l’Union européenne ait fixé des valeurs-limites annuelles pour les particules fines (PM10 et PM2,5) - d'ailleurs moins sévères que celles de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) - cela n'est pas suffisant. 
Dans l’attente d’une évolution nécessaire au niveau européen, nous demandons à nos Ministres de l’environnement de montrer la voie en instaurant des valeurs-limites spécifiques pour le carbone suie, extrêmement nocif. 


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