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Boissons énergisantes: n'interdisons pas la vente aux mineurs, mettons-les plutôt davantage en garde

18 janvier 2018

18 janvier 2018
Ces boissons sont totalement déconseillées aux jeunes et aux femmes enceintes. Et à tous lorsqu'elles sont mélangées à de l'alcool ou consommées lors d'une activité sportive. Or, leurs fabricants sont très actifs dans le sponsoring sportif. Nous recadrons donc le sujet.

La révélation du nouveau sponsor (Red Bull pour ne pas le citer) du champion belge de cyclocross Wout Van Aert a relancé le débat autour des boissons énergisantes au nord du pays.

Il est indéniable qu'en voyant un athlète faire la pub pour ce type de produit, certains jeunes penseront: "Les sportifs en boivent aussi, donc ce ne doit pas être quelque chose de mauvais pour la santé".

Une étude belge menée auprès de 1260 jeunes montre que 60% d'entre eux consomment parfois des boissons énergisantes, que 18% le font au quotidien et qu'1% d'entre eux en boit jusqu'à trois unités par jour. Et pourtant…

De hautes teneurs en caféine

Pour rappel, ces boissons énergisantes sont des sodas enrichis qui ont en commun leur forte teneur en caféine. Une canette équivaut ainsi à deux expressos ou deux canettes de soda au cola.

Associées à certains modes de consommation (mélange à l'alcool, pratique sportive), ces boissons peuvent générer des accidents cardiaques graves chez les consommateurs porteurs de prédispositions génétiques.

S'y ajoute une haute teneur en sucre, comparable à celle des sodas.

Des risques pour la santé

Le Conseil supérieur de la santé exprime donc de fameuses réserves à l'égard des boissons énergisantes. Il déconseille de les consommer de manière régulière ou excessive, lors de la prise concomitante de boissons alcoolisées ou de la pratique d’une activité physique intense. Et ceci vaut tout particulièrement pour les femmes enceintes et allaitantes, les enfants, les ados et les sujets sensibles à la caféine.

Mais d'aucuns voudraient aller plus loin. Aux Pays-Bas, les pédiatres plaident pour une interdiction de la vente aux moins de 18 ans. Chez nous, certains praticiens préconisent une diminution de la teneur en caféine ou l'interdiction des conditionnements d'un demi-litre.

Notre positionnement

On peut le résumer en trois points:

  1. Nous regrettons évidemment que des sportifs soient associés à des produits peu sains. Mais Red Bull n'est pas un cas isolé, pensons simplement à la Jupiler Pro League en football.
  2. Interdire la vente aux mineurs ne nous paraît pas une bonne option. Que du contraire: cette interdiction pourrait créer un effet d'appel. Mais il ne faut pas banaliser et rappeler encore et encore que leur consommation est vivement déconseillée pour les moins de 16 ans.
  3. Par contre, nous plaidons pour une meilleure lisibilité des avertissements figurant sur les bouteilles de boissons énergisantes. La mention "Teneur élevée en caféine, déconseillé aux enfants et aux femmes enceintes ou allaitantes. A consommer avec modération" y figure certes, mais elle est trop peu lisible.

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