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Comment nous testons

Comment testons-nous les miels ?

23 mars 2021
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Le miel est, après le lait et l’huile d’olive, le troisième aliment le plus prisé des fraudeurs, qui tentent de nous vendre du sucre en pot. Détecter le frelatage est cependant fort complexe, même en laboratoire : la contrefaçon est dynamique et a souvent une longueur d'avance sur les techniques de contrôle officielles.

Authenticité

Même après avoir réitéré les analyses en différents laboratoire spécialisés, nous n’avons pu conclure avec certitude quant à l’authenticité de certains des miels testés.

Qu'entend-on par « miel authentique » ?

S’il s’appelle officiellement Miel sur son emballage, c’est qu’il est forcément authentique : aucun additif n’est en effet autorisé. Un miel qui n'est pas pur à 100 % est du sucre, du sirop ou tout autre mélasse. Bref, un ersatz de miel, mais pas du miel.

Selon la législation, le miel est une « substance sucrée naturelle produite par les abeilles de l’espèce Apis mellifera à partir du nectar de plantes, ou des sécrétions provenant de parties vivantes des plantes, ou des excrétions laissées sur celles-ci par des insectes suceurs, qu’elles butinent, transforment en les combinant avec des matières spécifiques propres, déposent, déshydratent, entreposent et laissent mûrir dans les rayons de la ruche ». Aucune intervention humaine n’est tolérée. La transformation du nectar en miel doit être entièrement réalisée par les abeilles. Et exclusivement à l’intérieur de la ruche. Enfin, les constituants intrinsèques du miel (eau, fructose, glucose, protéines, substances organiques et autres composants naturels) ne peuvent être éliminés. Et l’on ne peut en ajouter, même analogues aux éléments originaux.

Voilà pour la loi, qui exclut donc la présence de tous sucres étrangers, notamment dérivés de sirops. On parle dans ce cas « d'adultération » du miel, une escroquerie qui consiste à ajouter un composant de moindre valeur à un produit qui est ensuite écoulé pour ce qu’il n’est pas.

Pas de consensus pour interpréter les résultats

Nos échantillons ont été soumis à la méthode «LC-HRMS» la plus sensible pour détecter les marqueurs de sucres exogènes, et donc les fraudes possibles. Plusieurs miels se sont avérés non authentiques.

Nous avons envoyé les miels à un autre laboratoire afin de faire procéder aux mêmes analyses, selon la même méthode. Tous les cas positifs n’ont pas été confirmés, car les labos ne détectent pas tous le même nombre d’adultérations, ni n’interprètent les résultats de la même façon.

De nouvelles méthodes, toujours plus sensibles, sont développées. Mais il n’y a pas de consensus actuellement. Un test unique, en toute indépendance, performant et évalué par les autorités, est indispensable.