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Fraises : attendez la saison

02 mars 2009
Fraises : attendez la saison

02 mars 2009

Les fraises sont déjà sur les étals. Nous déconseillons d'en acheter avant la pleine saison, c'est-à-dire de fin avril à août. Il y a en effet un coût social et environnemental très lourd.

Le Belge est l’un des plus grands consommateurs de fraises en Europe, avec 2,2kg par habitant et par an. Face à cette demande, la Belgique aura importé d'ici à fin mai des milliers de tonnes de fraises du sud de l'Europe ou du Maroc. A l’heure où les premières fraises arrivent dans nos supermarchés ou sur les étals, voici nos conseils.

Le temps des fraises

Les barquettes de fraises d'Espagne sont bien en vue dans les grandes surfaces. Et leur prix bas les rend tentantes, prix rendus possibles grâce à une main-d’œuvre bon marché. On trouve en effet des fraises presque toute l’année. Pourtant, la pleine saison reste le printemps et c’est de fin avril à août que l’on peut espérer se régaler à coût raisonnable.

Entre janvier et avril, les fraises de nos magasins viennent notamment de Hollande, Espagne, Maroc, Italie. A partir de mai jusqu’en août, l’origine est principalement belge, en fonction des variétés locales (ex. Elsanta, Selva, Darselect).

Comme pour de nombreux fruits et légumes, on est passé depuis quelques années à une production intensive, disponible tout au long de l’année. Consommer des fraises, comme des tomates ou des raisins d’ailleurs, toute l’année est devenu banal pour une part croissante de consommateurs européens, à l’instar de fruits tropicaux. Mais ceci a un coût, et même un double coût.

Impact environnemental

En début de saison, les fraises sont cultivées en serres chauffées (ex. Belgique ou Hollande) ou en pleine terre sous tunnels de plastique (ex. région de Huelva en Espagne). Ce qui représente une consommation d’énergie et d’eau considérable, sans parler du transport, de la production de CO2 et de déchets plastiques.

Des fraises cultivées outre-mer et acheminées en Europe par avion entraînent une consommation 25 fois plus élevée de pétrole que leur variante locale. Les fraises espagnoles acheminées par camion ne sont pas en reste. Et la production de fraises en Espagne pèse lourdement sur l’environnement: produits chimiques, dont certains interdits dans l’UE, déversés dans les sols et les eaux, consommation massive d’eau pour l’irrigation, résidus de plastiques, occupation illégale de terrains, assèchement de zones humides (ex. parc de la Donana).

Un coût social

Par ailleurs, comme notre enquête éthique sur les tomates l'a démontré, cette culture intensive dans des pays tels l’Espagne ou l’Italie fait largement appel à une main-d’œuvre immigrée corvéable à merci: Nord-africains, Est-européens, etc. On estime ainsi à 20000 le nombre de travailleurs saisonniers récoltant les fraises espagnoles.

Une enquête récente de MSF a révélé une situation comparable en Italie du Sud, dans la culture de fruits et légumes. Ces travailleurs migrants doivent en général accepter des salaires de misère (ex. 35€ par jour pour une travailleuse marocaine en Espagne), des pratiques d’emploi illicites, un logement précaire et l’exclusion sociale.

Regarder dans son assiette … et au-delà !

Que ce soit pour une question de goût ou… d’arrière-goût environnemental, nous ne pouvons que vous conseiller d’attendre la saison des fraises belges, de fin avril à août. La saveur est au rendez-vous, contrairement à des fraises telles la Camarosa espagnole, plus portée sur l’aspect extérieur. Si vous souhaitez quand même acheter des fraises hors saison et de provenance étrangère, préférez les origines plus proches acheminées par camion aux fraises importées par avion (ex. Israël, Egypte, Ethiopie).


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