Communiqué

Consommer des produits au soja, la fausse bonne idée selon Test Achats

23 novembre 2020

Les produits à base de soja ont la cote auprès de nombreux consommateurs.  Pourtant, certains contiennent des teneurs élevées en isoflavones, des molécules dont l’innocuité n’est pas encore démontrée scientifiquement.  Il ressort de l’analyse effectuée par Test Achats sur 35 produits contenant du soja qu’un tiers des produits présentent une teneur en isoflavones qui dépasse les valeurs limites quotidiennes acceptables ou tolérables fixées par l’ANSES en France. Les résultats sont particulièrement préoccupants pour la catégorie des laits de croissance à base de soja destinés aux enfants de 1 à 3 ans. L’organisation de consommateurs plaide pour un cadre légal en Belgique afin de limiter la teneur en isoflavones des produits à base de soja et un étiquetage adéquat pour informer et sensibiliser les consommateurs à l’importance de modérer leur consommation.

 

Les effets controversés des isoflavones sur la santé

D’un point de vue nutritionnel, le soja a de quoi séduire avec sa teneur en protéines élevée et un profil en acides gras intéressant. Pourtant, sa consommation n’est pas dépourvue de risques. En effet, certains produits à base de soja contiennent des molécules appelées isoflavones, qui sont susceptibles d’avoir des effets néfastes sur la santé comme des troubles hormonaux ou des troubles de la reproduction à l’âge adulte. Dans certains cas, les effets des isoflavones peuvent être bénéfiques comme pour traiter certains effets secondaires de la ménopause. Mais étant donné les études mettant en évidence les potentiels effets néfastes, le niveau de preuve actuel des bénéfices éventuels n’est pas suffisant pour qu'ils surpassent les risques. Test Achats estime dès lors que la prudence doit être de mise et qu’il convient de limiter la consommation quotidienne de produits à base de soja.

 

 

35 produits à base de soja analysés par Test Achats

Malgré les doutes au sujet de leur innocuité, il n’existe en Belgique aucune recommandation officielle fixant des limites de teneur en isoflavones dans les produits à base de soja, et ce même pour les jeunes enfants. Pour son test en laboratoire de 35 produits contenant du soja, l’organisation de consommateurs a dès lors appliqué les limites acceptables recommandées chez nos voisins français par leur agence nationale pour la sécurité sanitaire de l’alimentation – ANSES, à savoir 0,35 mg par kilo de poids corporel. Au total, 1/3 des 35 produits dépassaient les limites recommandées.

 

 

Les jeunes enfants trop exposés

Vu leurs faibles poids, les limites quotidiennes acceptables et/ou tolérables sont rapidement dépassées pour les enfants âgés entre 1 et 3 ans. C’est la raison pour laquelle les boissons végétales à base de soja leur sont déconseillées en France et ne se retrouvent d’ailleurs pas en grande surface contrairement à chez nous. La boisson de croissance Alpro 1-3 years+ analysée par Test Achats apporte 10,8mg d’isoflavones en un bi­beron, soit environ 21 mg d’isoflavones par jour vu qu’un enfant de cet âge consomme deux biberons sur une journée. Pour un enfant de 2 ans, cette valeur dépasse donc 5 fois la limite quotidienne acceptable (4,1 mg) ! Or, dans la même catégorie, la boisson de la marque Bambix (Drink de croissance soja 2+) fait mieux avec une teneur en isoflavones de 3 mg par biberon (soit 6 mg d’isoflavones par jour), ce qui dépasse toujours la limite acceptable mais reste dans les limites journalières tolérables.

 

Un cadre légal et un étiquetage adéquat sont nécessaires

Les résultats obtenus par Test Achats démontrent à suffisance que les industriels ont un rôle à jouer en adaptant leur processus de fabrication pour limiter les teneurs en isoflavones. L’organisation plaide dès lors pour la fixation de limites strictes de teneur en isoflavones pour les produits à base de sojaDans l’intervalle et afin de réduire l’exposition à ces substances, elle recommande un étiquetage obligatoire indiquant tant la teneur en isoflavones du produit que les doses journalières recommandées. Enfin, une mise en garde sur l’emballage permettrait d’avertir les consommateurs, surtout les plus vulnérables, qu'il est important de modérer leur consommation. Fin octobre, l’organisation de consommateurs a fait part de ses constats et revendications auprès du  Ministre de la Santé – Frank Vandenbroucke et du Conseil Supérieur de la Santé qui annonce la publication d’un avis scientifique à ce sujet au début de l’année prochaine.

 

Retrouvez plus d’informations sur www.test-achats.be/produitsoja

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