Dossier

Finis les fruits trompeurs sur les étiquettes

16 août 2017
Misleidend fruit

16 août 2017

De nombreux emballages promettent une profusion de fruits frais, mais vous aurez du mal à les trouver dans la liste des ingrédients, entre colorants et autres arômes. Nous avons démasqué des dizaines d'imposteurs et exigeons des règles plus strictes.

On ne connaît que trop le scénario : des fruits frais aux couleurs chatoyantes semblent sauter de l’emballage, mais qui parcourt la liste d'ingrédients n'y trouvera étonnamment que peu des fruits promis. Les fruits ne sont en effet pas donnés et se remplacent facilement par des arômes et colorants beaucoup moins onéreux. On en a le goût et la saveur, mais pas leurs avantages.

Cela ressemble à du fruit, mais ce n'en est pas

Plus de 120 emballages alimentaires avec illustrations de fruits ont été passés en revue, dont des dizaines d'exemples trompeurs. De nombreux produits ont ainsi été démasqués parce qu'ils contenaient des quantités minimes de fruits comme alibi pour les nombreux arômes et colorants, parce qu'ils remplaçaient les fruits exotiques par des fruits meilleur marché comme la pomme, ou encore parce qu'ils ne contenaient aucun vrai fruit pourtant présent sur l'emballage.

Une étiquette doit être une carte d'identité d'un produit, permettant au consommateur de connaître en un coup d'œil les ingrédients contenus dans ledit produit. Le fait que la liste d'ingrédients soit correcte et complète ne signifie pas que l'emballage dans son ensemble ne peut pas être trompeur. Les promesses sur l'emballage ne permettent en effet pas d'évaluer si un produit contient ou pas des quantités respectables de vrais fruits. Nous avons tapé sur les doigts des fabricants concernés, parmi lesquels de grands noms tels que Danonino, Fristi et Oasis, pour cette tromperie et allons introduire une plainte auprès du SPF Économie.

Pas sans résultat

En janvier, nous dénoncions des dizaines de produits promettant sur leur étiquette de vrais fruits qu’on avait bien du mal à trouver parmi les arômes. Parmi les tricheurs, quelques noms connus : Fristi, Fruittella et Grany. Notre plainte auprès du SPF Economie a porté ses fruits, véritables, ceux-là. Le SFP Economie a partiellement donné suite à notre plainte, et a dressé procès-verbal contre Danone. Celui-ci devra adapter l’emballage du Danonino, l’ancien fromage Petit-Gervais. En effet, ces fromages contiennent 0 % de vrais fruits, leur goût provenant exclusivement d’arômes, contrairement à ce que suggèrent l’emballage et le site internet. S’agissant d’un produit destiné aux enfants, nous nous réjouissons de cette décision, en regrettant toutefois que des mesures similaires n’aient pas encore été prises contre les autres contrevenants. 

La fraise unique comme alibi

Lorsqu'un fruit est représenté sur l'emballage en mot ou en image, la loi impose que le pourcentage de fruit soit mentionné dans la liste des ingrédients. Toutefois, les fabricants interprètent cette règle à leur avantage en ajoutant des quantités minimes de jus ou de purée de fruits à leur recette. Une seule proverbiale fraise suffit déjà pour que le fruit puisse trôner sur l'emballage, même si la saveur, le parfum et la couleur ont été manipulés.

Nous voulons non seulement que les règles existantes soient appliquées de manière plus rigoureuse de façon à exclure définitivement toute échappatoire, mais estimons également qu'il est grand temps que les pouvoirs publics endiguent de telles pratiques avec des règles plus concrètes comme des directives spécifiques avec des pourcentages minimums pour certaines catégories d'aliments comme le yaourt aux fruits et les boissons aux fruits.

Quelques exemples parlants


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