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Allégations trompeuses : triste anniversaire

18 janvier 2019

18 janvier 2019
Cela fait 10 ans que nous nous battons pour que les allégations nutritionnelles et de santé ne puissent être apposées que sur des produits réellement sains. L’UE a déjà 10 ans de retard avec la réglementation. Nous continuons à nous battre pour que vous soyez enfin correctement informés.

Déjà 10 ans que nous nous efforçons, avec l’organisation européenne des consommateurs BEUC, de mettre au point un système mettant fin aux pratiques trompeuses des fabricants de produits alimentaires en ce qui concerne l’utilisation des allégations nutritionnelles et de santé.

Dix ans que nous plaidons pour l’adoption de profils nutritionnels : ces outils permettraient de limiter le nombre d’allégations faisant passer des produits alimentaires pour bien plus sains qu’ils ne le sont en réalité.

Ce triste anniversaire nous montre que les consommateurs européens sont toujours complètement induits en erreur lorsqu’ils effectuent leurs achats. #stopdodgyclaims

Des mesures insuffisantes 

Les allégations nutritionnelles mettent en avant les effets bénéfiques qu’aurait un aliment en raison de sa teneur en certains nutriments (exemple : "riche en calcium" ; "70 % de graisse en moins"). Les allégations de santé, quant à elles, soulignent l’effet de l’aliment en question sur l’organisme (exemple : "la vitamine C renforce votre immunité").

Bien que seules des allégations nutritionnelles et de santé autorisées puissent être utilisées, elles peuvent néanmoins être trompeuses car elles ne sont pas liées à des exigences minimales pour la composition globale de l’aliment. En conséquence, une allégation de vitamines peut être apposée sur l’emballage, par exemple en ajoutant des vitamines à de la malbouffe remplie de sucre, de graisse ou de sel. Elle donne donc injustement une image plus saine à cette malbouffe et séduit le consommateur. L’allégation fait exactement le contraire de ce à quoi elle était destinée, à savoir faciliter un choix sain.

Il existe une liste des allégations nutritionnelles et de santé autorisées et interdites mais force est de constater que c’est bien insuffisant !  En effet, cette liste n’empêche pas les fabricants d’ajouter par exemple une allégation telle que "riche en fibres et en vitamine D" sur une boîte de céréales excessivement sucrées en faisant donc passer ces céréales pour un produit bien plus sain qu’il ne l’est en réalité.

Pas assez sain ? Aucune allégation

La solution pour éviter que des produits peu recommandables pour la santé puissent mettre en avant des allégations qui les font passer pour plus positifs qu’ils ne le sont, serait d’utiliser des profils nutritionnels. Il s’agit d’outils concrets permettant de juger en fonction de teneur maximum en graisses, sucres, sel, etc., dans quelle mesure un produit est véritablement un plus pour la santé, et s’il peut ou non se prévaloir d’une allégation. En d’autres termes : pas assez sain, aucune allégation autorisée.

Ces profils ont été évoqués pour la première fois en 2006 au niveau européen. Il était même question de les mettre en œuvre en janvier 2009. Entre temps, nous célébrons le dixième anniversaire de cette ambition, mais tant qu’aucune mesure n’aura été prise, le consommateur restera trompé. Ces profils doivent être adoptés... Il en va de la bonne information et de la santé du consommateur.

allégations nutritionnelles