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Clean label : vers une alimentation plus saine demain?

01 juillet 2020
clean label

Le clean label, ou étiquette propre en français, vise à rendre les aliments plus "propres". Mais les méthodes utilisées par les fabricants pour répondre à cette demande ne sont pas toujours fiables. Nos explications et revendications.

Les listes d’ingrédients à rallonge composées de termes inconnus et d’une panoplie d’additifs n’inspirent plus confiance. Bon nombre d’entre vous désirent manger des produits plus sains, authentiques et naturels. C’est dans ce contexte que le clean label est né dans les années 80 et a pris son envol ces dernières années.

Vers notre dossier additifs alimentaires

Etiquette propre ne signifie pas aliment propre

Concrètement, le concept vise à simplifier la liste des ingrédients et à n’utiliser que des produits naturels. Pour y parvenir, le combat est mené sur plusieurs fronts : réduire la présence d’allergènes comme le gluten et le lactose, d’arômes et d’additifs (c’est-à-dire des substances ajoutées aux aliments industriels pour en améliorer la saveur, la texture, l’apparence...), limiter à quelques composants seulement le nombre d’ingrédients utilisés, remplacer les substances artificielles par des produits naturels, souligner l’absence d’OGM, éviter les sucres ajoutés et proposer une liste d’ingrédients aussi courte, compréhensible et reconnaissable que possible. 
Il n’existe aucune définition officielle et encore moins légale du clean label. En pratique, certains producteurs de denrées alimentaires n’hésitent pas à faire de cette tendance dite propre une publicité pour des aliments présentés comme plus sains alors qu’ils ne le sont pas. Pour cela, un certain nombre de techniques visant à modifier leur produit et/ou leur emballage pour les rendre plus attrayants sont utilisées.

Il s’agit majoritairement d’allégations mises en exergue sur le devant de l’emballage uniquement présentes pour vous attirer et détourner votre attention de la liste des ingrédients. Mais ne soyez pas dupes : "sans colorants artificiels" ne signifie pas "sans colorants". Méfiez-vous de l’affichage des principaux ingrédients sur le devant de l’emballage, comme "eau de source + jus d’orange". D’autres ingrédients s’y cachent sûrement. Attention au "naturel", "pur" ou "100 %" : des termes trop peu réglementés. Certains additifs sont mentionnés avec leur nom complet et sont donc moins visibles : "édulcorant : sorbitol" au lieu de "édulcorant : E420". Les extraits de légumes (jus de carottes ou de betterave concentré, ex¬trait de paprika...), de fruits ou de levure, le sucre fermenté ou les arômes naturels remplacent les additifs connus, mais ne sont pas meilleurs…

Clean et clear

Les étiquettes propres doivent emballer des aliments tout aussi clean à savoir composés presque uniquement d’ingrédients nobles avec un minimum de substances ajoutées. 
Or, l’avant de l’emballage constitue encore et toujours la vitrine du produit, exposant ingrédients et allégations comme éléments marketing destinés à vous détourner de la plus importante information obligatoire, à savoir la liste des ingrédients. Le "clean label" doit aussi être "clear" : ces informations obligatoires doivent rester la principale source de renseignements lorsque vous effectuez vos choix. Et ce n’est pas le cas. Mettre en avant des informations facultatives (au détriment des obligatoires) est une pratique commerciale trompeuse car elle vous amène à acheter un produit que vous n’auriez sans doute pas acheté sans la présence de ces informations.

Afin de ne plus être confrontés à ces étiquetages ambigus, nous soutenons que les indications telles que "Sans…" et les listes des principaux ingrédients mis en exergue sur le devant de l’étiquette doivent être encadrées de manière encore plus spécifique au niveau européen. Car le règlement actuel interdisant les informations facultatives pouvant vous induire en erreur est bien trop vague.

Pour une interprétation stricte de la législation

Nous soutenons également que l’utilisation de substances employées pour remplacer les additifs (extraits de plantes, les extraits de levure et les composants fermentés) doit être conforme à la législation sur les additifs alimentaires et que leur présence tout comme leur fonction doivent être indiquées sur l’étiquette. Nous défendons donc l’interprétation stricte faite par la Belgique de la législation existante selon laquelle les extraits de plantes, les extraits de levure et les composants fermentés qui ont une fonction technologique dans le produit final doivent également être considérés comme les additifs qu’ils sont en réalité. Et ce pour deux raisons : d’abord afin que les exigences de pureté, de concentration et de sécurité soient respectées. Ensuite, bien sûr, afin d’éviter de tromper les consommateurs.

Nous préconisons d’ailleurs que l’interprétation stricte faite par nos autorités soit appliquée aussi strictement au niveau européen afin d’aboutir à une harmonisation des pratiques au sein de l’Union et que celles-ci soient combinées à des contrôles efficaces. Partir d’un standard élevé comme cette interprétation stricte permettrait d’atteindre un niveau supérieur de protection du consommateur en Europe.

En attendant, nous continuons bien sûr à lutter contre les produits trompeurs que nous dénonçons dans notre dossier Produits Pinocchio.

Vers les Produits Pinocchio

 
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7 Commentaires

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28-04-2020
GUY JAMIN

TRES UTILE POUR LE CONSOMMATEUR

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06-05-2020
OLIVER WEISSMAN

Ce nutri-score est une catastrophe! Les industriels vont s'y adapter et remplacer les graisses (diabolisées par le nutri-score) par des sucres bien plus nocifs à cause de l'insuline, mais mieux notés car moins caloriques!

En plus les notes sont totalement absurdes, par exemple l'américain nature (viande rouge) est noté "A" (car maigre), alors que les "sardines au naturel avec peaux et arrêtes", donc bourrées de vitamine D, de calcium et d'omegas3, ne sont notées que "B"! Jamais on ne me fera croire cela! Et ceci n'est qu'un exemple parmi d'autres.

Et je ne parle même pas des effets psychologiques néfastes de diaboliser ainsi certains aliments, pour les gens ayant des troubles de l'alimentation comme l'anorexie, la boulimie ou l'orthorexie! Et en plus basés sur des informations incorrectes comme les 2 exemples cités plus haut!

Ce nutri-score est une fausse bonne idée que ne va faire que renforcer les problèmes de prise de poids à long terme!

En tous cas moi je le boycotterai autant que faire se peut!

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07-05-2020
OLIVER WEISSMAN , a répondu:

Et voici encore 4 autres exemples:

1) Delhaize propose 3 sortes d'américain préparé (classique, martino et fines herbes) qui ont tous plus ou moins la même composition, mais l'un d'eux est noté "C", alos qu'un autre est noté "D". Curieux, je lis la composition et constate que l'américain qui noté "D" a un gramme de graisse en plus, donc 9 calories de différence (sur plus ou moins 250), ce qui l'a fait passer de C à D! Imaginez une personne croyant améliorer sa santé ou perdre du poids en mangeant 1 ou 2 grammes de gras en moins, c'est absolument scandaleux d'induire les gens en erreur comme ça!

2) Autre exemple, le saumon fumé est noté "D", ce qui le rendrait moins bon pour la santé qu'un américain préparé noté "C", à base de viande rouge et bourré d'additifs! Ridicule! En plus même Weight Watchers, qui suit toujours scrupuleusement les directives officielles, permet de manger du saumon fumé à satiété pour zéro (!!!) points!

3) Encore un exemple: les frites surgelées sont notées "A" sous prétexte qu'elles sont sans sel, sans graisse et sans sauce, mais qui va les manger telles quelles? En plus ces frites ont souvent été plongées dans un bain de sucre (beurk!), mais ça ne semble pas empêcher les "experts" du nutri-score d'estimer qu'il s'agit d'un aliment-santé, préférable aux "sardines avec arrêtes et peaux" bourrées de protéines nobles, de bonnes graisses aux oméga3, de calcium (arrêtes) et de vitamine D pour l'absorber, mais notées seulement "B", dont je parle dans mon commentaire précédent!

En plus le sucre fait libérer de l'insuline qui fixe les graisses dans les cellules graisseuses, en plus d'augmenter la faim et de provoquer des fringales qui rendent de plus en plus difficile le contrôle alimentaire, mais aussi d'écouter son corps pour connaître ses vrais besoins. Le sucre est donc bien plus néfaste pour le poids et la santé, que la graisse, malgré le fait qu'il ne contient que moins de la moitié de calories au gramme (graisse 9 calories et sucre 4 calories).

Alors si maintenant les industriels commencent à diminuer les graisses pour que leurs produits soient mieux notés au nutri-score, ils vont aussi augmenter les sucres (c'est obligé pour le goût, voir les mayonnaises "light" et autres sauces "allégées en matières grasses"), ce qui est catastrophique, et pour la santé, et pour le poids! Le nutri-score aura donc un effet pervers totalement contre-productif!

4) Ensuite dans un article de Test-Achat sur le nutri-score, on donne comme exemple qu'au lieu de manger un bout de Roquefort, grâce au nutri-score on peut le remplacer avantageusement par un bout de Mozzarella, qui elle est mieux notée car moins grasse et moins salée. Bizarrement au même moment (synchronicité?), je tombe sur un article sur les bienfaits "anti-âge" du Roquefort, dont les moisissures augmenteraient la longévité!

Et c'est bien cela le but du nutri-score il me semble, améliorer la santé et donc aussi la longévité, et non pas simplement maigrir, même au détriment de sa santé!

En plus, dans mon expérience, les fromages bleus me donnent une satisfaction bien plus grande et une satiété bien plus longue (2 éléments essentiels pour maintenir son poids ou pour en perdre) qu'un bout de Mozzarella au goût plus fade! Donc dans ce cas-ci, se fier au nutri-score est à la fois moins bon pour la santé ET moins efficace pour la perte ou le maintien du poids!

Alors que (vais-je) faire? D'abord j'ai toujours pensé que le savoir est le pouvoir, donc lire les étiquettes, la composition et la liste des ingrédients me semble bien plus efficace car il s'agit de faits objectifs, alors que le nutri-score n'est qu'une interprétation dogmatique des faits, malheureusement biaisée et donc pas entièrement juste.

Ensuite il faudrait que le seul et unique but soit la santé, et non pas la perte de poids qui peut parfois se faire au détriment de la santé et de la longévité, et produire des effets rebonds qui seront finalement mauvais à long terme, et pour le poids, et pour la santé!

Il faudrait aussi obliger les industriels à utiliser des lettrages plus grands, j'ai dû acheter une loupe de poche pour déchiffrer les étiquettes!

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14-05-2020
Kelly | Modérateur , a répondu:

Le nutri-score est basé non seulement sur la teneur en acides gras saturés, mais prend également en compte la quantité de sel, de sucre et d'énergie en termes de nutriments à limiter et la quantité de fibres, protéines et légumes, noix, fruits et légumineuses comme nutriments à promouvoir.

-L'étiquette ne concerne que la qualité nutritionnelle, une simplification du tableau de la valeur nutritive. Il ne prend pas en compte la présence d'additifs, car leurs effets sur la santé n'ont pas encore été suffisamment clarifiés.

- Le nutri-score  est également destiné à comparer des produits au sein du même groupe de produits, pas vraiment à comparer des frites avec du saumon fumé.

- Le score nutritionnel ne prend pas en compte la graisse totale, mais la graisse saturée. Il prend également en compte 6 autres paramètres. Mais il est possible qu'en raison d'une différence de 1 g de graisses saturées, le score tombe simplement de D à C. Étant donné que nous ne pouvons obtenir qu'environ 10% de notre énergie quotidienne à partir de graisses saturées, cela représente environ 24 g pour la personne moyenne, un changement de 1 g pour 100 g n'est pas si inutile.

- Le saumon fumé contient beaucoup de sel. Les directives diététiques contiennent également des produits de poisson fumé dans la zone grise. Le saumon frais, en revanche, contient beaucoup moins de sel et est donc préféré, qui a également un nutri-score A. ^Kelly

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14-05-2020
LILIANE MANDIAUX

Je pense que l' U E devrait définir le contenu de ce que représente précisément
chaque lettre et puisse contrôler la concordance avec le choix du fabricant.
J'ai le sentiment - la pandémie "aidant" - que ceux qui se targuent de nourrir la
population réalisent qu'il est nécessaire que la SANTE doit prévaloir sur le profit.

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19-05-2020
JEAN-CLAUDE FIEVEZ

Le cassoulet du Sud-Ouest de la marque "taste of inspiration" de Delhaize a un nutri-score A … J'ai de gros doutes sur la validité de la formule de calcul. N'existe-t-il pas une formule " excel" qui permette de calculer le nutri-score moyennant introduction de l'information nutritionnelle indiquée sur l'emballage du produit ?

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29-05-2020
Kelly | Modérateur , a répondu:

Nous confirmons que le Nutri-Score du cassoulet au confit de canard Taste of Inspirations de Delhaize est A.

Le calcul prend en compte des paramètres à favoriser (fibres, protéines, fruits, légumes et noix) et des paramètres à limiter (kilocalories, acides gras saturés, sucres et sel) pour aboutir à une évaluation générale de la valeur nutritionnelle de l’aliment.

Le cassoulet en question contient beaucoup de fibres grâce à la présence d’haricots et une quantité intéressante en protéine ce qui contrebalance les kilocalories et la présence d’acides gras saturés, sucres et sel.

Pour rappel, le Nutri-Score vous aide à différencier les qualités nutritionnelles de différents aliments d’une même catégorie. Ainsi, il permet de vous guider vers un meilleur choix.

SPF Santé Publique mets à disposition un outil de calcul pour évaluer le Nutri-Score : https://www.health.belgium.be/fr/outil-de-calcul-du-nutri-score ^Kelly

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