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La politique se penche sur la dénomination "artisanal"

26 juillet 2017
lidl artisanal produits

26 juillet 2017
Il y a quelque temps de cela, nous mettions sous le feu des projecteurs le mode de production industriel de nombreux produits se targuant d’être "artisanaux" ou "traditionnels". Notre protestation contre cette duperie a entrainé une réaction tant dans le chef des fabricants que du monde politique.

Toutefois, rares sont les produits artisanaux et authentiques dans les rayonnages qui diffèrent des variantes ordinaires. Telle était le conclusion de notre enquête dans Test-Achats 617 de mars 2017. C’est trompeur, pour ne pas dire mensonger. Si le terme "artisan" bénéficie d’une protection dans notre pays, des termes tels que "artisanal" et "traditionnel" ne sont pas définis sur le plan juridique. Ce manque de définition légale fait à présent l’objet d’un débat politique.

Besoin de définitions légales

Au sein du Parlement, Michel de Lamotte (cdH) a récemment soulevé la question de savoir si de tels termes ne devaient pas être protégés sur le plan légal. Il est en effet inacceptable que des produits "artisanaux" ou "traditionnels", ou encore "façon grand-mère", contiennent des exhausteurs de goût, des colorants ou des conservateurs, et que des recettes "maison" soient produites de manière industrielle.

Ce dernier de se demander si Kris Peeters (CD&V), Ministre du Travail, de l’Économie et des Consommateurs, avait l’intention de plancher sur de telles définitions légales. Et Kris Peeters de répondre qu’une telle tromperie est bel et bien interdite, mais qu’il serait difficile d’estomper légalement les zones de flou.

Si la France le peut...

Comme nous le signalions dans notre article, la France, entre autres, applique une définition claire et stricte de ce qui peut être vendu sous les appellations "artisanal", "naturel", "home made" et "traditionnel". L’accent est mis sur des facteurs comme l’usage de méthodes traditionnelles, des ingrédients et des recettes authentiques, et une production à petite échelle par des artisans qui connaissent bien leur produit. 

Les produits issus d’une ligne anonyme de production en grande série, ou contenant un tas d’ingrédients industriels, ne répondent manifestement pas à ces critères, et n’ont donc pas droit aux appellations. Les infractions sont immédiatement réprimées. De Lamotte se demande pourquoi la Belgique ne pourrait pas s’inspirer de la législation française.

Lidl adapte les étiquettes

Notre article a toutefois d’autres conséquences. Après qu’Albert Heijn ait déjà modifié la dénomination de ses "gaufres grand-mère", Lidl a également fait part de son engagement d’informer le consommateur de la manière la plus correcte et complète possible. A l’avenir, la chaîne de supermarchés évitera les références à l’artisanat et à la tradition, et supprime actuellement de telles allégations sur les produits existants. 

La chaîne a ainsi adapté entre-temps l’emballage de ses noisettes aux crevettes grises, que nous avions cité en exemple dans notre article, de façon à ne plus induire le consommateur en erreur. Le pain de viande "traditionnel" ne trône pour l’instant plus dans les rayonnages, mais disposera d’une étiquette adaptée lorsqu’il fera sa réapparition. Une belle victoire dans l’attente d’un meilleur cadre légal.


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