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Allergènes alimentaires: vous êtes trop mal informés

24 novembre 2017
allergie alimentaire

24 novembre 2017
Légalement, les commerçants doivent pouvoir vous informer sur les allergènes utilisés comme ingrédients dans les produits non préemballés. Notre enquête montre que ce n'est pas toujours le cas. De plus, la loi n’impose pas d’information sur la contamination croisée, ce qui peut être dangereux pour les personnes allergiques.

Nous avons réalisé un coup de sonde de la situation sur le marché en demandant dans 43 points de vente, si les couques au chocolat contenaient de la noisette (allergène). L’information doit être réalisée par écrit ou oralement, à la demande. Elle n’était affichée qu’à 3 reprises. Or, la version écrite a notre préférence, car elle est simple à consulter, souvent plus sûre et plus complète qu’une réponse orale.

Sur les 27 couques qui nous ont été indiquées comme sûres et que nous avons envoyée au laboratoire, 2 d’entre elles contenaient de la noisette. Comme toute erreur peut mettre la santé du consommateur allergique en danger, nous demandons que la situation s’améliore. 

Pour ce faire, nous voulons davantage de contrôles, afin que la loi soit mieux appliquée au niveau de:

  • la formation des vendeurs;
  • la présence d’un registre des allergènes (et que les vendeurs soient tenus de le consulter, afin de donner une réponse pertinente);
  • l’affichage d’une invitation à s’informer sur les allergènes quand l’information n’est pas disponible par écrit.

Nous demandons également que l’information sur les allergènes soit affichée lorsque les produits sont en self-service, car il n’est pas pratique de devoir interroger un vendeur.

Le danger de la contamination croisée

Les produits alimentaires sont susceptibles de contenir des ingrédients allergènes, mais aussi d’avoir été en contact avec ceux-ci. On parle de contamination croisée. La réglementation européenne doit imposer la mention de ce risque pour les aliments non préemballés, car, sans elle, le consommateur allergique n’a aucune garantie que le produit qu’il achète est sûr pour lui.

La Commission doit aussi veiller à ce que ce l’information soit réalisée de façon simple, par la phrase "peut contenir" et que le risque ne soit communiqué que quand la présence accidentelle ne peut pas être éliminée par de bonnes pratiques (comme la séparation de la production de denrées alimentaires contenant des allergènes ou le nettoyage minutieux après l’utilisation d’allergènes). Le risque doit aussi être mesuré de façon critique: il ne doit être mentionné que si la présence accidentelle peut être assez importante pour déclencher une réaction allergique auprès d’une certaine proportion des personnes allergiques. Ceci pour éviter les avertissements superflus destinés uniquement à protéger le fabricant.

Des améliorations immédiates

Nous avons écrit aux différents commerces dont le vendeur n’avait pas pu nous informer ou dont le produit contenait de l’allergène alors qu’il nous avait été annoncé comme sûr. La chaîne Panos et une boulangerie nous ont répondu qu’une liste écrite des allergènes était pourtant disponible sur leur point de vente. Ils ont insisté auprès de leur personnel sur l’importance de ces informations.

Les supermarchés Lidl ont quant à eux précisé que l’information sur les allergènes était censée être affichée dans ses filiales, près du pain et des pâtisseries. Ils ont réalisé un contrôle après notre visite et l’information a effectivement été affichée.

 

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